Lors d’un mini-remaniement consécutif à la démission d’Emmanuel Macron, François Hollande a ajouté l’innovation au portefeuille d’Axelle Lemaire, jusque-là réservé au numérique. Un choix cohérent.

Le gouvernement a annoncé un mini-remaniement ce jeudi, après la démission d’Emmanuel Macron du ministère de l’économie. de l’industrie et du numérique. Puisque le ministre des finances Michel Sapin a été appelé à la rescousse pour ajouter l’économie à son portefeuille, il fallait que le gouvernement se dote d’un nouveau secrétaire d’état en charge de l’industrie.

Il est donc cohérent qu’innovation et numérique soient vus comme un ensemble

Ce sera donc Christophe Sirugue, qui avait remis en avril dernier un rapport remarqué sur la fusion des minima sociaux, dans lequel il tenait une position critique mais pertinente sur l’idée du revenu de base universel, dont il craint les effets pervers pour les plus pauvres. « Il a été propulsé sur le devant de la scène par le débat sur la réforme du code du Travail », rappelle aussi le Huffington Post, qui explique que « celui dont le nom avait été évoqué pour devenir ministre du Travail à la suite de François Rebsamen (c’est finalement Myriam El Khomri qui avait été nommée) a tenté par tous les moyens de trouver une porte de sortie acceptable par tous ».

Mais la surprise vient plutôt de l’enrichissement du portefeuille d’Axelle Lemaire. La secrétaire d’état au numérique hérite aussi de l’Innovation, ce qui lui permettra de balayer plus largement le secteur des TPE/PME qui innovent, sans se limiter artificiellement aux seules industries du numérique. Une startup qui invente de nouveaux procédés pour la médecine, l’écologie ou l’agriculture a sensiblement les mêmes besoins qu’une entreprise dont les services passeront exclusivement par l’intermédiaire d’un écran. Il était donc cohérent qu’innovation et numérique soient vus comme un ensemble.

En choisissant de mettre « l’innovation » sous tutelle de Bercy, François Hollande prend toutefois le risque de troubler au ministère de la Recherche, où l’innovation publique alimente bien souvent le secteur privé, en France comme aux États-Unis. Mais c’est justement sans doute une chance, pour tenter d’enrayer la fuite des cerveaux universitaires vers les grandes entreprises américianes comme Facebook, Google ou Apple, qui les recrutent en masse. Si Bercy s’intéresse davantage à l’innovation, les passerelles pourraient se faire plus nombreuses.

Le cabinet d’Axelle Lemaire nous indique à cet égard que « les sujets de l’innovation seront bien entendus traités en lien avec le ministère de la recherche ».

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