[Édito] Un article un peu spécial, aujourd’hui, pour vous annoncer mon départ. Un grand merci à vous tous et toutes qui avez suivi mon travail ainsi que celui de la rédaction ces dernières années. On se retrouve vite !

Après six années, j’ai décidé de quitter Numerama, en cette fin de mois de juin. Je suis honorée de passer le relai à Nelly Lesage, qui occupait depuis deux ans le poste de rédactrice en chef adjointe. Je suis convaincue qu’elle fera un travail exceptionnel, à la hauteur de ses compétences et sa motivation.

Partir d’un média en ces temps particulièrement sombres a quelque chose de déconcertant. Bien que notre ligne éditoriale porte sur les nouvelles technologies, Numerama est un site d’information ancré dans l’actualité, qui prend au sérieux sa mission d’information d’intérêt général. La couverture des élections législatives surprises de 2024 est donc une évidence aujourd’hui, comme ce fut le cas hier, pendant la pandémie de coronavirus qui avait contraint au confinement la moitié de la population mondiale.

Le covid a changé beaucoup de choses dans nos pratiques, et pas seulement parce que cette période a mis les médias web au cœur de la vie des Français et Françaises, démultipliant nos audiences (je rapportais à l’époque une hausse de +156 % de sessions). La maladie, qui est encore bien présente dans le monde, a aussi distordu l’espace-temps d’une manière quasi incompréhensible. Qui réalise que plus de quatre années se sont écoulées depuis les premiers marqueurs de l’épidémie ?

La rédaction a bien grandi

Le temps passe et beaucoup de choses ont changé, je ne l’écris pas seulement pour que la chanson lancinante vous trotte dans la tête. Numerama compte désormais 12 personnes. À mon arrivée en 2018, c’était deux fois moins. Les locaux d’Humanoid étaient nichés dans un petit appartement parisien, où Numerama changeait de pièce, de temps à autres, en fonction des pics de chaleur et des travaux sur le boulevard.

C’est là qu’on a développé la ligne éditoriale que vous connaissez aujourd’hui. Regarder moins systématiquement vers l’Amérique, tourner les yeux vers la France, où le meilleur sujet peut parfois se trouver au coin de la rue. Le web n’appartient pas qu’aux hommes, aux geeks, aux blancs : Numerama parle à tout le monde et se doit d’exposer les dissonances dans les discours publics, des administrations aux grandes entreprises, de dévoiler la subjectivité des algorithmes et d’en révéler l’impact sur les minorités.

Des journalistes talentueux et exigeants (et marrants)

Je suis fière du travail que j’ai pu effectuer en tant que journaliste dans un média libre et indépendant, ayant eu du temps pour fouiller, débusquer et aller au fond des choses. La force d’un site d’information web, c’est de pouvoir multiplier les articles sur un même sujet pour se construire une expertise. De la loi sur la sécurité globale aux incohérences de l’app TousAntiCovid, Numerama a été en pointe sur des sujets complexes, qui concernent pourtant tous les citoyens et citoyennes. Et bien sûr, nous n’avons jamais rechigné à couvrir avec humour certains aspects de la pop culture ou les divagations délirantes des grands patrons de la tech.

Je suis aussi heureuse d’avoir pu encadrer et soutenir des journalistes si talentueux et talentueuses, mais également bienveillants et solidaires.

Ils et elles composent, divers et complémentaires, le grand Numerama-Megazord. J’ai une pensée — en réalité, de nombreuses pensées — pour toutes ces personnes qui ont participé à construire ce média et qui vont continuer à le porter. Julien m’a fait confiance pour diriger et développer le média, a encouragé l’ouverture de la ligne éditoriale vers plus d’inclusivité. Nelly, Maxime, Julien (l’autre Julien !) étaient déjà là à mon arrivée, des appuis de confiance solides. Marcus, Aurore, Nino, Raphaëlle, Bogdan, Nico, Alfred, arrivés au fil du temps. Les pigistes réguliers, Matthieu, Salammbô, Lucie, Wilfried, Sébastien, Bob. Et les anciens qui sont passés par là, Louise, François, Perrine, Anne, Corentin, Thomas, Audrey. 

Pour ma part, je vous donnerai des nouvelles, bien sûr. En attendant, vous pouvez me suivre sur Twitter ou Bluesky (oui, ça existe encore, Maxime !).

Quand on demande à Nino de l'aide pour faire une image de couverture pour "mon dernier article sur Numerama"...
Quand j’ai demandé à Nino de l’aide pour faire une image de couverture pour « mon dernier article sur Numerama »…

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Il est inenvisageable de se résigner

Je pars sereine, en sachant qu’ils et elles ont à cœur de poursuivre cette mission, alors que nous avons plus que jamais besoin de journalistes exigeant·es et appliqué·es. Ce n’est ni drôle, ni facile tous les jours. Ne pas céder à la facilité, se demander pourquoi on fait les choses et avoir conscience de son impact dans le monde. Questionner le solutionnisme technologique, l’innovation, les monopoles ne doit pas être vu comme un rejet du progrès, mais un besoin nécessaire pour construire des futurs vivables.

Il y a des valeurs sur lesquelles nous devons être intransigeant·es : l’antiracisme, le féminisme, l’anticolonialisme. Nous devons rejeter sans aucune concession la xénophobie, l’antisémitisme, l’homophobie, la transphobie. Demain, ce sont les vies de millions de citoyens et citoyennes français, nos vies, qui seront en danger. En première ligne face à la haine. 

Comme l’a souligné Adèle Haenel, dépolitiser le réel, c’est le repolitiser au profit de l’oppresseur. La neutralité n’est pas une option. La seule chose qui doit nous effrayer, c’est l’acceptation d’une société qui sombrerait dans le fascisme. Il est inenvisageable de se résigner. 

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