Au Royaume-Uni, l’accès aux VPN commerciaux ne pourra sans doute plus se faire sans montrer une preuve de son âge. C’est en tout cas ce que l’on comprend du message sur la protection de l’enfance rédigé par Keir Starmer, le Premier ministre, le 15 février 2026. Dans la liste des mesures en chantier, on trouve en effet des restrictions concernant les VPN.
« Nous allons demander au Parlement de nous accorder de nouveaux pouvoirs afin de pouvoir donner suite aux conclusions de la consultation sur les réseaux sociaux. Cela pourrait inclure [de] limiter l’accès aux VPN pour les enfants, afin de rendre plus difficile pour eux de contourner les limites d’âge des services ou certaines fonctionnalités », a-t-il écrit.
Le message du Premier ministre se veut plus large et ne concerne pas que les VPN.

La nécessité de fixer un âge minimum pour l’accès aux réseaux sociaux est aussi évoquée — un mouvement que l’on voit ailleurs dans le monde, de la France à l’Australie, en passant par l’Inde, la Nouvelle-Zélande, la Malaisie et plusieurs autres pays en Europe. Enfin, Londres veut brider certaines fonctions (défilement infini, lecture automatique…) jugées néfastes.


L’intégration à venir des VPN commerciaux dans ce plan doit permettre aux autorités de resserrer les mailles du filet. Avec un VPN, on peut faire croire à un site que l’on se situe dans un pays qui n’applique pas le contrôle de l’âge. Un site pornographique appliquant cette vérification dans un pays qui l’exige devient ainsi de nouveau facilement accessible.
Vérification de l’âge sur les sites pornos, et bientôt sur les VPN
Depuis fin juillet 2025 justement, le Royaume-Uni impose aux sites X de déployer des dispositions rigoureuses afin de s’assurer qu’aucun enfant ne peut accéder à des contenus qui ne sont pas de son âge. Plusieurs sites ont déjà sauté le pas, d’autres pas encore. Quelques-uns, comme Pornhub, ont choisi une troisième voie : quitter le pays.
De fait, l’annonce de Keir Starmer pouvait être anticipée. Dans un rapport d’août 2025, la commissaire à l’enfance britannique indiquait déjà que les VPN étaient autant de trous dans la raquette permettant de contourner les blocages pornographiques. L’instance recommandait alors de les réguler bien plus strictement.
Le fait est que la mise en place d’une vérification d’âge stricte au niveau des VPN ne pourra pas être efficace sans contrôler l’ensemble des clients, d’une façon ou d’une autre. En effet, les VPN ne savent pas au préalable qui est majeur et qui est mineur. Pour pouvoir classer les internautes dans l’une ou l’autre catégorie, il faut vérifier tout le monde.

Les solutions commerciales comme NordVPN, ExpressVPN, Cyberghost, Surfshark ou PureVPN ne peuvent pas deviner l’âge des utilisateurs. Il va leur falloir un élément sur lequel se reposer : la numérisation d’une carte d’identité, un contrôle biométrique, un tiers de confiance, une empreinte de carte. Ici, chaque solution a ses atouts et ses limites.
Outre les problèmes que cela va soulever en matière de sécurité (qui va accéder à ces informations ? Comment seront-elles gardées ? Pour combien de temps ? Et quid de la fuite de données ?), cela pèsera sur l’image de ces services. Jusqu’à présent, l’inscription peut se faire avec presque rien, ce qui confère un relatif anonymat.
La France en embuscade
Si l’on observe ce qui se passe à Londres, c’est que Paris se trouve sur la même trajectoire. La France dispose déjà de l’arsenal législatif avec la loi visant à sécuriser et à réguler l’espace numérique (SREN), mais l’application peine à suivre. Et en France aussi, on veut réduire l’accès des mineurs aux réseaux sociaux et aux sites X, selon des seuils d’âge.
Les outils de vérification d’âge déployés sur les sites pornographiques sont contournables sans difficulté avec un VPN. Une astuce que tout internaute débrouillard, ou tout mineur motivé ou aidé par un proche, sait mobiliser. On l’a vu d’ailleurs : quand Pornhub a quitté la France, l’intérêt pour les VPN a été immédiat et massif.
Le gouvernement français, d’ailleurs, est sur le coup. C’est ce que suggérait Emmanuel Macron, le président de la République, dans un échange avec Brut le 5 février 2026 : s’il n’est pas question d’interdire les VPN en France, il s’agit bien de les réguler, justement pour limiter ces trous dans la raquette qui offrent autant d’opportunités de contourner certaines règles.
Le chef de l’État s’est dit lucide sur l’efficacité de la mesure : certes, elle ne bloquera pas 100 % des jeunes, car certains profiteront de la complicité d’un grand frère, et d’autres seront ingénieux. Mais M. Macron veut croire que l’objectif n’est pas un sans-faute, mais de mener une politique publique qui atteint le plus grand nombre. Comme pour l’alcool.
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