Au 11ᵉ jour d’une coupure d’Internet historique sur fond de contestation, faut-il croire le vice-président iranien chargé des sciences, des technologies et de l’économie du savoir quand il assure qu’« Internet retrouvera progressivement un fonctionnement normal cette semaine » ? Ces mots, prononcés à la télévision d’État le 19 janvier 2026 par Hossein Afshin, viendraient en réalité couvrir un sombre projet porté par la République islamique d’Iran : réduire l’accès au Web mondial à une poignée de personnes approuvées par le régime.
D’après un rapport de Filterwatch publié le 15 janvier 2026, une organisation surveillant la censure d’Internet en Iran, un « plan confidentiel » avancerait en coulisses pour faire de l’accès à l’Internet international un simple « privilège gouvernemental » selon plusieurs sources basées dans le pays. « Les médias d’État et les porte-parole du gouvernement ont déjà indiqué qu’il s’agissait d’un changement permanent, prévenant que l’accès sans restriction ne serait pas rétabli après 2026 », alerte le site de l’ONG.


Un Internet à deux vitesses
Amir Rashidi, directeur de Filterwatch, évoque un système d’accès à deux vitesses : une version filtrée du Web pour les Iraniens habilités et pour tous les autres, un Internet national, réseau parallèle, sous surveillance, presque sans ponts vers l’extérieur. Un monde fait de quelques applications comme une messagerie, des outils de recherche ou encore du streaming type Netflix, conçus par le régime et taillés pour fonctionner en vase clos.
Cette toile domestique est le fruit d’un long chantier, souligne le Guardian. Le régime iranien y travaille depuis 2009, après les manifestations de masse qui ont suivi la réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la tête du pays et la découverte du coût d’une coupure totale pour l’économie nationale. Trois ans plus tard, les autorités apprennent à doser en bloquant Facebook, Twitter, Google quand il faut contenir la rue, tout en préservant les services indispensables à la société.
Les modèles russe et chinois en ligne de mire
Si ces projets se concrétisent, l’Iran alignera son architecture numérique sur celles de la Russie et de la Chine avec un Internet local et discipliné. En attendant, les satellites en orbite basse, ceux de Starlink en tête, rendent le verrouillage d’Internet plus difficile puisque les Iraniens contournent les coupures en se connectant directement aux satellites, et ce, malgré les tentatives de brouillage de Téhéran.
À cela, il faut ajouter l’utilisation croissante de VPN et d’applications de réseaux maillés Bluetooth, capables de recréer de la connectivité en terrain coupé. Si le régime des mollahs tente de masquer les milliers de morts dus à sa répression sanglante, il ne parvient pas à isoler sa population du reste du monde.
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