La Cour pénale internationale à la Haye, chargée d’enquêter sur les violations du droit international, a subi une cyberattaque. Aucune précision n’a été donné sur les auteurs de ce piratage.

La Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye aux Pays-Bas, a déclaré le 19 septembre avoir été victime d’une cyberattaque. La juridiction chargée de juger les personnes poursuivies pour crime de guerre et génocide affirme que des pirates ont pu accéder à ses systèmes interne la semaine dernière. Pour l’heure, le flou demeure sur les circonstances de cet incident informatique.

« Des mesures immédiates ont été adoptées pour répondre à cet incident de cybersécurité et pour en atténuer l’impact », a déclaré la CPI dans un message sur X, anciennement Twitter. « D’autres mesures d’intervention et de sécurité sont en cours, avec l’aide des autorités du pays hôte ». Aucune précision n’a été donnée sur la nature de l’attaque, la durée de cette compromission ou des potentielles données exfiltrées. L’origine de l’attaque est également inconnue.

Le procureur principal de la Cour pénale internationale, Karim Khan, avait indiqué courant août que le tribunal de La Haye poursuivra désormais les crimes dans le domaine du cyber si des infractions au droit international sont relevées, au même titre que des crimes de guerre.

Dans un article de Foreign Policy Analytics publié début septembre, Karim Khan a déclaré :

« La cyberguerre ne se déroule pas dans l’abstrait. Au contraire, elle peut avoir un impact profond sur la vie des gens. Les tentatives d’impact sur les infrastructures critiques, telles que les installations médicales ou les systèmes de contrôle de la production d’électricité, peuvent avoir des conséquences immédiates pour de nombreuses personnes, en particulier les plus vulnérables. »

Des infiltrations dans la Cour pénale internationale

Les organisations internationales basées à La Haye ont déjà été ciblées par des agents du renseignement. En 2018, six membres du GRU, le renseignement militaire russe, ont été inculpés en pleine opération de cyberespionnage à très courte portée, non loin de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. À l’époque, l’institution travaillait sur les armes chimiques utilisées par le régime syrien — soutenu par la Russie — et sur l’empoisonnement de l’ancien agent russe Sergueï Skripal à Londres.

Les agents russes arrêtés en 2018 à La Haye. Serebriakov est en premier en partant de la gauche. // Source : Financial Times
Les agents russes arrêtés en 2018 à La Haye. // Source : Financial Times

Le service général de renseignement et de sécurité néerlandais (AIVD) a d’ailleurs rappelé dans son rapport annuel de 2022 que la CPI présentait « un intérêt pour la Russie, car elle enquête sur d’éventuels crimes de guerre russes en Géorgie et en Ukraine ». En juin 2022, un agent militaire russe a été repéré et arrêté par les forces de l’ordre néerlandaises alors qu’il se faisait passer pour un stagiaire brésilien auprès de la Cour pénale internationale.

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