L'enquête approfondie lancée par la Commission européenne sur le projet de rachat de Shazam par Apple ne devrait pas empêcher l'opération de se faire. Des sources proches du dossier indiquent que Bruxelles va donner son feu vert.

Il faudra attendre la confirmation officielle, mais Apple devrait bien obtenir le feu vert de la Commission européenne pour le rachat de Shazam. Si les services de Bruxelles ont jusqu’en septembre pour rendre leur verdict, deux sources proches du dossier consultées par Reuters ont expliqué que les craintes autour d’un affaiblissement de la concurrence dans la musique n’étaient finalement pas fondées.

À la suite de l’annonce, en décembre dernier, de l’acquisition de Shazam par Apple, la Commission européenne a ouvert ce printemps une enquête approfondie sur les éventuelles conséquences néfastes que ce rapprochement aurait, les deux sociétés étant très puissantes sur leur segment respectif. Plusieurs pays ont sollicité en ce sens l’exécutif du Vieux Continent, dont la France.

Deux points en particulier préoccupent la Commission : le premier est qu’Apple accède « à des données sensibles sur le plan commercial concernant les clients de ses concurrents » dans le streaming musical  et qu’il s’en serve pour « cibler directement les clients de ses concurrents et les encourager à choisir Apple Music ».

Le second est plus hypothétique : si Bruxelles «  ne considère pas Shazam comme un point d’entrée essentiel vers les services de diffusion de musique en continu », il convient de s’assurer que la firme de Cupertino ne modifie pas Shazam de façon à ne plus orienter ses utilisateurs vers un éventail de services de streaming musical, et rivaux d’Apple Music, qui sont suggérés quand une chanson est recherchée.

En clair, il ne faut pas que Shazam ne recommande plus qu’Apple Music pour écouter de la musique.

Pour Apple, l’acquisition de Shazam est une excellente opération qui complète très bien son offre. Elle pourrait même la consolider : Apple Music est aujourd’hui le numéro deux du streaming musical, derrière Spotify,  le géant suédois. L’entreprise américaine bénéficierait ainsi d’un levier supplémentaire pour attirer à lui de nouveaux clients, ou pour convaincre les abonnés chez la concurrence de venir le rejoindre.

Partager sur les réseaux sociaux