Les assistants personnels intelligents que l’on pilote grâce à la voix se sont multipliés ces dernières années : de Siri, fourni par Apple sur ses terminaux iOS, à Assistant, né à Mountain View sous la direction de Google, en passant par Alexa et Cortana, conçus respectivement par Amazon et Microsoft, l’offre logicielle est aujourd’hui bien réelle du côté des géants de la tech.

Du fait de la place centrale que ces programmes vont probablement être amenés à occuper dans les années à venir, avec l’émergence d’une informatique qui pourra être contrôlée entièrement ou partiellement à la voix afin d’interagir avec elle et lui dire quoi faire, il existe de fait une concurrence entre Apple, Google, Amazon et Microsoft qui ne paraît pas propice à la coopération.

Peux-tu lancer Alexa ?

Aussi est-ce avec étonnement que l’on découvre le rapprochement spectaculaire que viennent d’opérer Amazon et Microsoft. Malgré une configuration du marché qui ne les incitent pas à s’entendre, chacun voulant naturellement convaincre le public de se tourner vers ses solutions — et donc son écosystème — en multipliant les fonctions et les annonces, les deux géants ont décidé de se parler.

Ou plutôt, de permettre à Alexa et Cortana de se parler. En effet, les deux entreprises ont pris la décision d’assurer une certaine interopérabilité entre les deux assistants personnels intelligents : il sera donc possible demander à Alexa de lancer Cortana pour effectuer une tâche dans laquelle est compétente et inversement. De quoi répondre au problème du cloisonnement des assistants personnels intelligents ?

Lorsque les gens et la technologie travaillent ensemble, tout le monde y gagne

« Lorsque les gens et la technologie travaillent ensemble, tout le monde y gagne » s’est ainsi félicité Andrew Shuman, le vice-président en charge de l’ingénierie sur Cortana.

Deux exemples ont été donné pour montrer l’intérêt de cette coopération : il sera possible de démarrer Cortana pour lancer Alexa et passer une commande sur Amazon, depuis n’importe quel terminal (un smartphone Android, un iPhone, un PC…), mais aussi de faire le contraire en demandant à Cortana, via l’appareil hébergeant Alexa, de faire un point sur le programme de la journée.

Il est heureux que Microsoft et Amazon aient décidé de coopérer sur ce terrain et l’on ne peut qu’espérer que ce rapprochement en provoque d’autres. Il est dans l’intérêt de tous qu’une certaine entente existe dans ce domaine, dans la mesure où le grand public n’est pas forcément lié à un seul écosystème mais utilise des matériels de différents fabricants et des logiciels conçus par de multiples sociétés.

C’est ce qu’explique d’ailleurs Andrew Shuman : il utilise Cortana pour obtenir des infos sur sa journée, pour se faire des rappels et demander des réponses, mais aussi Alexa pour une commande sur Amazon, mettre de côté un produit ou démarrer la lecture d’un livre audio. « Je n’utilise pas qu’un seul assistant personnel intelligent », admet-il. Cette double intégration sera effective d’ici la fin de l’année.