Le Chinois OnePlus veut parfois trop bien faire : pour s'assurer de bonnes performances dans les tests matériel (type benchmark), la société a glissé un microprogramme dans Android afin de truquer les résultats. La combine n'est pas méchante, ou même dangereuse, mais elle interroge sur les pratiques de la marque.

C’est sur XDA, le forum préféré des développeurs Android, que la dissection du OnePlus 5, dernier flagsghip de la marque chinoise, a révélé des secrets mal dissimulés par l’entreprise.

En effet, alors que les utilisateurs les plus scrupuleux du forum inspectaient OxygenOS (version d’Android modifiée par OnePlus), ils ont découvert un code qui cherche à améliorer les performances du téléphone lors des tests dits de benchmark.

Antutu pipé

Ces logiciels bien connus par la presse et les technophiles permettent, en soumettant le téléphone à de nombreux calculs, de déterminer la vélocité et l’efficacité des puces embarqués dans le téléphone.

Bien optimisée, une même puce peut se montrer meilleure qu’une autre sur un même bench, d’où l’intérêt pour les journalistes et blogueurs de s’appuyer sur les résultats fournis par ces logiciels. Mais ici, OnePlus aurait cherché à duper son monde en détournant l’impartialité prétendue de ces tests.

OnePlus

En effet, selon Mario Tomás Serrafero, un membre du forum qui se décrit auprès du Register comme un « obsédé d’Android  », la marque a dissimulé un programme qui améliore systématiquement les scores en augmentant la puissance du processeur à 1,9 Ghz dès lors qu’une application benchmark est lancée.

Le geek explique : « Il est quasiment certain que chaque test du OnePlus 5 qui contient un benchmark utilise des résultats trompeurs. Pour Serrafero il s’agit d’un choix délibéré de la marque : OnePlus a donné aux journalistes un appareil qui trompe les benchmarks. »

Selon les observateurs du forum, les applications suivantes seraient ainsi surveillées par OxygenOS : AnTuTu, le plus célèbre test ; Androbench ; Geekbench 4 ; GFXBench ; Quadrant ; Nenamark 2 et enfin Vellamo. Lorsque le modèle comprend qu’une de ces dernières est lancée, la puce de Qualcomm (Snapdragon 835) est mobilisée de manière très spécifique, ses petits cœurs sont poussés à leur maximum, soit 1,9 GHz, quant les puces les plus véloces (qui montent jusqu’à 2,45 GHz) ne semblent pas impactées.

En désactivant ce mode de triche intégré à l’OS, les internautes de XDA ont pu découvrir que la technique améliorait en moyenne tous les tests de 5 % par rapport au comportement qu’aura le téléphone dans la vie réelle. La différence n’est pas anodine, mais elle n’est pas non plus scandaleuse.

Toutefois, la méthode et le choix de OnePlus sont plus contestables. En livrant ce code dans son dernier téléphone, la firme ne pouvait pas ignorer qu’elle tromperait des centaines de journalistes et blogueurs reconnus par le public. Toujours selon les observateurs de XDA, le OnePlus 3 comportait également un code partageant le même objectif.

Carl Pei, truculent patron de la marque chinoise, s’est défendu de faire quelque chose d’inacceptable. Selon lui, la pratique n’est pas frauduleuse. Dans un post Reddit, le CEO préfère par ailleurs rappeler que ses téléphones ne trichent pas là ou d’autres trichent, comme sur la résolution de l’écran. Ces explications ne suffiront certainement pas aux journalistes floués par la marque.

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