Facebook a censuré le cadre d'une photo de profil qui faisait référence au massacre de Tiananmen survenu en 1989 en Chine. Le réseau social, qui avait autorisé dans un premier temps le cadre créé par l'internaute, a finalement levé ce blocage.

Hésitations chez Facebook : quelques semaines après avoir censuré la page d’un collectif qui aide les femmes à avorter avant de rétablir son accessibilité, le réseau social est encore revenu sur l’une de ces décisions contestées — mais difficiles à prendre. Facebook vient de présenter ses excuses pour avoir censuré à tort le décor de la photo d’une photo de profil d’un Hongkongais faisant référence au massacre de Tiananmen.

Depuis décembre, Facebook permet aux internautes de concevoir des cadres personnalisés sur leur photo de profil, en ajoutant notamment du texte ou des graphiques, qui se superposent sur l’image. La conception de ces cadres doit respecter certains critères définis par Facebook, qui se charge systématiquement de vérifier les cadres.

Facebook approuve le cadre, puis le bloque

Un internaute, Fung Ka Keung, avait conçu son propre décor, afin de commémorer à sa manière le massacre. Ce cadre personnalisé a alors été rejeté par Facebook, au motif qu’il « déprécie, menace ou attaque une personne en particulier, une entité juridique, une nationalité ou un groupe. » Pourtant, Fung Ka Keung a précisé sur sa page Facebook que son cadre avait bien été approuvé par le réseau social une première fois.

Facebook Fung Ka Keung

Ce blocage opéré par Facebook a fait réagir des utilisateurs, qui ont estimé que le réseau social avait eu des raisons politiques de bloquer ce contenu. Rappelons qu’en Chine, le réseau social n’est actif que depuis 2009 ; date depuis laquelle Facebook semble désireux de faire sa place sur le marché chinois.

Les manifestations, qui ne se sont en réalité pas produites sur la place Tiananmen en Chine, d’avril à juin 1989, ont aboutit à une vague de répression dont le nombre de morts fait encore l’objet d’estimations — des centaines de morts selon Amnesty International. Aujourd’hui, la Chine refuse de réhabiliter les militants qui ont participé au mouvement, et limite fortement les conversations en ligne à ce sujet.

Nous nous excusons pour cette erreur

Concernant le cas particulier de Fung Ka Keung, Facebook est finalement revenu sur sa décision, approuvant également un deuxième cadre que l’internaute venait de créer. « Le cadre a été bloqué de manière incorrecte. Nous nous excusons pour cette erreur et nous avons informé l’utilisateur que nous approuvions ce qu’il nous avait soumis  », s’est excusé Facebook, rapporte la BBC.

Le réseau social ne lève pas toujours les blocages qui font polémique : fin 2016, Facebook a censuré une photo historique, un choix totalement assumé qui a pourtant amené de nouveaux débats sur la modération.

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