La disparition du vol MH370 a agi comme un électrochoc chez Malaysia Airlines. Trois ans après les faits, la compagnie aérienne tient à suivre sa flotte partout dans le monde, grâce aux satellites.

C’était le 8 mars 2014. Alors qu’il faisait route vers Pékin, le Boeing 777 du vol MH370 Malaysia Airlines n’a jamais atteint sa destination. Après avoir décollé de l’aéroport de Kuala Lumpur, l’avion a mystérieusement disparu après un dernier contact lors du survol de la mer d’Andaman. Jamais l’avion n’a été retrouvé depuis, hormis des débris qui ont pu être localisés sur les côtes.

Trois ans après, l’énigme du MH370 reste entière malgré l’aide internationale et les recherches qui ont été lancées très vite après le déclenchement de l’alerte. Les boîtes noires, l’épave et les dépouilles de l’équipage et des passagers restent introuvables. On présume que l’avion a fini sa course dans l’océan mais on ne sait pas ce qu’il s’est passé à bord.

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Le vol MH 370 s’est probablement crashé dans l’océan.
CC Tim Marshall

Ce scénario, Malaysia Airlines ne veut plus jamais le revivre. C’est pour cette raison que la compagnie aérienne a signé des contrats avec Aireon, FlightAware et Sitaonair pour que leurs satellites et leurs installations au sol puissent suivre en permanence chaque élément de sa flotte partout dans le monde et à tout instant. Malaysia Airlines est la première compagnie à sauter le pas, selon Bloomberg.

Les vols internationaux utilisent déjà pour la plupart des récepteurs ADS-B (automatic dependent surveillance-broadcast) pour que les tours de contrôle au sol puissent suivre la progression des avions dans le ciel. Sauf qu’entre deux contacts automatiques de l’avion, un temps relativement long peut s’écouler. D’où l’idée de créer un système assurant un suivi en quasi-temps réel,

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Les vols seront suivis en permanence et partout.
CC Gratisography

« Cela n’aura pas d’importance que le vol se trouve au-dessus de l’océan, d’un désert ou du Pôle Nord, nous saurons où est l’avion », expliquait l’an dernier Daniel Baker, le patron de FlightAware. L’idée est de placer ces récepteurs dans des satellites situés en orbite terrestre basse, à une altitude d’environ 780 km. FlightAware et Aireon prévoient une mise en route du service en 2018.

En l’occurrence, ce sont des satellites de la constellation Iridium NEXT qui sont mobilisés pour accueillir ces récepteurs. Au nombre de 70 (66 actifs et 4 de réserve), ils doivent être mis en orbite par SpaceX lors de sept missions distinctes devant décoller de la base de l’Air Force Vandenberg en Californie. La première s’est déroulée avec succès le 14 janvier. Les autres devraient survenir au cours de l’année.

Pas la solution miracle, mais…

Grâce à ce système, les secours ne devraient plus faire chou blanc en cas de disparition d’un avion au-dessus de l’océan. Certes, il ne résoudra pas tout (dans le cas du vol MH370, le transpondeur et l’ADS-B ont été coupés sans explication, ce qui rend le suivi par satellite impossible, faute de signal), mais il pourra aider les pays à retrouver un aéronef dans le cas où celui-ci a disparu sans que ses communications aient été coupées.

Par ailleurs, le conseil de l’organisation de l’aviation civile internationale, une agence qui dépend de l’ONU, a listé début 2016 ses propositions pour en finir avec ces avions qui se volatisent. Prévues pour 2021, elles incluent un suivi obligatoire et autonome (comprendre : qui ne peut pas être éteint manuellement), en quasi-temps réel, avec une géolocalisation envoyée chaque minute.

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