Le spécialiste de l'aéronautique Rolls-Royce prévoit la circulation des premiers cargos automatisés d'ici la fin de la décennie. Mais si les avantages sont nombreux, des problématiques apparaissent aussi à l'horizon.

Rolls-Royce ne se contente pas de fabriquer des moteurs d’avion et des turbines pour les navires. La société britannique s’intéresse aussi à l’autonomisation des cargos, de la même façon que les principaux acteurs de l’industrie automobile travaillent sur des voitures capables de se déplacer sans l’aide d’un conducteur. D’après elle, ces navires pourraient faire leur apparition dès 2020.

C’est ce que confie le groupe dans un communiqué qui a déjà quelques jours. « C’est en train de se produire. Ce n’est pas une question de si, mais une question de quand. Les technologies requises pour construire des bateaux autonomes et contrôlables à distance existent bel et bien […]. Nous verrons un navire contrôlé à distance dans le cadre d’une utilisation commerciale d’ici la fin de la décennie ».

Bientôt une IA à la barre ? CC Wheelhouse
Bientôt une IA à la barre ?
CC Wheelhouse

Jusqu’à présent, l’autonomisation des véhicules était surtout considérée à travers les engins qui circulent sur terre, qu’il s’agisse des voitures, des autocars, des bus ou bien des camions. En réalité, les avancées rencontrées dans ce domaine pourraient bien essaimer ailleurs, par exemple dans l’aviation civile (pour mettre fin aux erreurs humaines) ou dans les bateaux (l’armée américaine s’y intéresse).

Quel serait l’intérêt de concevoir un cargo autonome ? Plusieurs réponses peuvent être envisagées, sans qu’elles s’excluent mutuellement.

Bateau
Yes you can sail the seven seas
CC Markus Spiske

Il peut s’agir de réduire les erreurs commises par l’équipage, mais aussi limiter les risques en cas de piraterie maritime (aucun marin ne pourrait être capturé, évitant ainsi des prises d’otage et le paiement d’une rançon par l’armateur). D’un point de vue économique, c’est aussi une manière de supprimer la masse salariale en se passant d’un équipage et, par la même occasion, de convertir son espace de vie en espace supplémentaire pour des conteneurs ou pour alléger le navire.

À l’inverse, l’autonomisation des cargos pose des problématiques nouvelles, à l’image de celles qui existent déjà du côté des véhicules : qui sera le responsable en cas d’incident avec un navire censé sur diriger tout seul sur les mers ? Le fabricant du bateau ? Le concepteur du logiciel de bord ? L’armateur ? Par ailleurs, quid des risques de piratage qui pourraient survenir pour détourner un navire de sa route, par exemple pour s’emparer de sa marchandise ?

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