La startup Nexar a développé une application collaborative capable de repérer toutes les infractions au code de la route et d'enregistrer les plaques d'immatriculation des voitures fautives. Le but est de prévenir les utilisateurs de la plateforme lorsqu'ils se trouvent à proximité d'un automobiliste jugé dangereux.

Les mauvais conducteurs sont partout et enfreignent chaque jour le code de la route. Griller un feu rouge, couper une ligne continue ou doubler par la droite… Ils mettent en danger les autres usagers de la route et les piétons. Exaspérée par ces comportements, la startup Nexar veut donc créer une immense base de données répertoriant tous les automobilistes potentiellement dangereux.

L’entreprise a développé une application mobile pour iOS (et bientôt Android) baptisée AI Dashcam, dédiée aux conducteurs. En filmant la route à l’aide d’un smartphone installé juste derrière le pare-brise, et grâce à la vision par ordinateur et des algorithmes d’intelligence artificielle, la plateforme est capable de détecter une infraction au code de la route et d’enregistrer la plaque d’immatriculation du véhicule en faute.

Le but est d’envoyer une notification aux autres utilisateurs de l’application quand il se trouveront à proximité d’un automobiliste dont le mauvais comportement a été enregistré par Nexar. La mise à jour de la base de données devrait se faire en temps réel à partir de cette année.

Déjà 7 millions de voitures enregistrées

Il y a neuf mois, la startup a demandé à 95 conducteurs Uber de tester l’application. Depuis, plus de huit millions de kilomètres de route ont été enregistrés à San Francisco, New York et Tel Aviv et les profils de sept millions de voitures ont été enregistrés.

Cité par IEEE Spectrum, Eran Shir, le co-fondateur de Nexar, estime que « si vous êtes en train de rouler à côté de moi et que vous êtes un conducteur dangereux, je veux en être informé afin de me préparer ». « Nous pensons que c’est un service rendu à la communauté que de savoir si vous êtes un conducteur fou ou non », ajoute-t-il. L’entreprise estime que si 1 % des conducteurs utilisent l’application, celle-ci serait capable de déterminer 99 % des comportements des automobilistes dans une ville.

Nexar vise également les assurances automobiles qui, grâce à la base de données, pourraient sélectionner quels conducteurs assurer en ne choisissant que ceux qui n’ont pas été repérés comme dangereux. La startup ambitionne aussi de réduire le nombre d’accidents avant que les voitures autonomes ne se démocratisent. Pour cela, l’intelligence artificielle est capable de détecter lorsqu’une voiture freine brusquement et reconnaît les intersections les plus dangereuses en modélisant une carte détaillée de la ville.

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C’est légal ?

Sur le plan juridique, Nexar ne violerait aucune loi aux États-Unis ou en Israël, car les plaques d’immatriculation ne sont pas diffusées publiquement et que les données récoltées ne servent pas à traquer les déplacements d’un conducteur. En France en revanche (et plus largement en Europe), il est strictement interdit de réaliser ainsi une collecte de données personnelles. Lorsqu’il s’agit de réaliser un fichier d’infractions pénales, il faut obligatoirement l’autorisation de la Cnil, qui ne la donne pas facilement.

Au delà du juridique, des questions éthiques se posent également. Par exemple, l’entreprise doit-elle alerter la police lorsque l’application détecte une voiture volée ou recherchée ?

À cela Eran Shir répond que « Nexar n’a aucune intention de générer plus d’amendes à la ville… ou devenir un outil du FBI ». Néanmoins, les données de la startup pourraient représenter un atout considérable aux yeux de la justice car même les conducteurs n’utilisant pas l’application finiront par être « notés » par l’IA, et par laisser des traces de leurs infractions.

L’entreprise compte se développer dans dix autres villes dont que San Diego, Washington, Chicago et Seattle.

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