« Si votre partenaire n'est pas fidèle, au moins votre matelas l'est » voici le slogan de l'angoissant Smarttress. Qu'est-ce ? Un matelas connecté qui promet à son client de le prévenir de toutes activités « suspectes » commises dans ses draps.

On a souvent du mal à distinguer le quantified self d’un self espionnage artisanal. Et ce n’est pas ce pathétique matelas connecté qui va nous rassurer sur l’usage des technologies de quantification dans nos foyers. Alors qu’on attend encore des lits connectés permettant de vraiment changer notre repos et nos réveils, des ingénieurs au conservatisme évident ont préféré travailler sur un matelas truffé de capteurs pour surveiller les parties de jambes en l’air effectuées dans votre alcôve.

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Durmet, l’entreprise espagnole derrière ce matelas prétend répondre à ce qu’elle appelle une «  crise globale de l’infidélité  ». On voudrait bien en savoir plus sur ce qu’est cette crise globale de la monogamie et d’où vient la solution de l’espionnage conjugale, mais bien évidemment, Durmet ne s’avance pas aussi loin. Pas plus qu’il ne donne de justification à l’absence de fonctionnalités qui auraient pu, effectivement, rendre votre sommeil un peu plus calme.

En revanche on apprend que le matelas possède 24 capteurs ultrasoniques dont les données sont utilisées pour mesurer les rebonds effectués sur la surface du matelas. Et ainsi, à toute heure du jour, le lit espion vous préviendra de l’activité dans votre chambre si quelqu’un utilise votre matelas in a questionable way (sic).

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Du coup, si vous recevez une notification d’utilisation suspecte, n’appelez pas tout de suite le juge : vos enfants pourraient jouer à sauter à pieds joints sur votre matelas et la technologie de Durmet aurait bien du mal à le détecter. En fin de compte, les futurs clients de ce lit restent libre de vouloir s’espionner, mais on peut regretter avec amertume que le développement des technologies de quantified self ne trouve pas le tournant éthique qui permettraient d’en faire des alliés de nos vies et non des espions pour paranoïaques.

Et au-delà de la consternation, il est de bon ton d’ajouter une petite mise en garde aux plus jaloux qui ne flaireraient pas l’arnaque : oui, vous pourrez être trompé ailleurs que dans votre lit. Préférez une discussion avec votre moitié avant d’investir dans une onéreuse technologie peu fiable et peu respectueuse de votre vie privée.

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