La secrétaire d'État chargée du numérique Axelle Lemaire indique qu'un test a lieu dans l'administration afin de faire découvrir Qwant aux agents de la fonction publique. Et les inciter à délaisser Google.

Face à l’hégémonie de Google sur le web, les initiatives ne manquent pas. On connait par exemple le projet de l’association Framasoft, qui s’évertue à « dégoogliser » Internet en mettant en avant des alternatives décentralisées, libres, éthiques et solidaires.

Dans le même genre, on peut également mentionner une expérimentation qui est en cours dans l’administration française. Celle-ci consiste à demander aux agents de la fonction publique de privilégier l’utilisation du moteur de recherche Qwant plutôt que de passer par celui de la firme de Mountain View.

Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat.
Axelle Lemaire, secrétaire d’État.

C’est ce qu’a déclaré jeudi soir Axelle Lemaire, la secrétaire d’État chargée du numérique, à la suite d’une question posée par le député LR Patrice Martin-Lalande. « Nous avons demandé aux agents, sans naturellement les y obliger, d’utiliser par défaut ce moteur de recherche et l’analyse de leurs retours d’expérience est très intéressante ».

Cette expérimentation se déroule en particulier au ministère de l’économie et des finances. Axelle Lemaire, qui est à l’origine de cette initiative, justifie cette décision en pointant « la protection des données personnelles et le respect de la vie privée de ses utilisateurs » mis en avant par Qwant.

Avec une part de marché supérieure à 90 % dans l’Hexagone, Google reste de très loin le moteur de recherche le plus utilisé en France. Ce qui n’est pas sans poser un problème de souveraineté, aux yeux de certains parlementaires. D’où les efforts de mettre sur pied un « Google made in France » ou, à défaut, un « Google made in Europe ».

Qwant
L’accueil de Qwant.

Des tentatives ont existé en la matière. Le site Exalead, aujourd’hui tombé dans l’oubli, devait devenir ce moteur de recherche de référence créé sous l’impulsion de l’Union européenne, dans le cadre du projet Quaero lancé en 2005. Mais entre la conception d’un moteur de recherche et en faire une référence, il y a un monde.

Avec cette demande faite à l’administration, Axelle Lemaire essaie peut-être de créer cette impulsion qui manque à un moteur de recherche hexagonal ou européen de véritablement percer. Dans le même genre, signalons qu’une déclinaison de Qwant a été développée pour les enfants de 6 à 13 ans afin que ce soit ce moteur de recherche qui puisse être utilisé dans les écoles, et non pas Google.

Une chose est sûre, les alternatives à Google ne manquent pas. Dans un récent comparatif, nous proposons une sélection de six moteurs de recherche. On retrouve Qwant et Bing — la solution de Microsoft — , mais aussi des solutions moins connues du grand public, comme DuckDuckGo, Framabee, StartPage, Yacy ou Wolfram Alpha.

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