William Merideth, surnommé le Drone Slayer aux États-Unis a été acquitté dans l'affaire qui l'opposait au propriétaire du drone qu'il a descendu d'un coup de fusil à pompe.

Mettez-vous un instant à la place de William H. Merideth, citoyen des États-Unis. Par un beau dimanche d’été, Billy est allongé sur sa chaise longue, sous le porche qu’il a construit dans son jardin pour s’abriter du soleil qui tape fort dans le Kentucky. Soudain, il entend comme un vrombissement de pales venant de la gauche. Un hélicoptère ? Non, le son est plus strident et trop proche ! Sa fille, qui joue dans le jardin, court vers lui et lui montre le drone du doigt, qu’elle a repéré chez le voisin.

William, soucieux de protéger l’image de sa fille que le drone pourrait capturer, va donc chercher son fusil à pompe, se rassoit tranquillement dans son jardin et prend la pause d’un Clint Eastwood dans Gran Torino : c’est décidé, il ne fera rien à ce jouet pour adulte tant qu’il ne rentrera pas sur sa propriété. Mais seulement quelques minutes plus tard, le propriétaire du drone en a décidé autrement. Volontairement ou pas, le drone franchit la barrière. Ni une ni deux, William pointe son shotgun sur l’engin volant et le descend d’une volée de ferraille. C’en est fini de l’engin.

Merideth sur les lieux du drame
Merideth sur les lieux du drame

De l’autre côté de la télécommande, David Boggs n’est pas très content. Pour lui, il était en train de prendre des photographies aériennes de la maison d’un ami et quand son drone est passé au-dessus du terrain de Merideth, il volait à 200 pieds, soit 60 mètres de hauteur et n’était pas en vol stationnaire. Comme l’engin a tout de même coûté 1 800 dollars, Boggs a voulu que la justice du Kentucky démêle l’affaire pour trouver qui était coupable.

Et la décision de la juge Rebecca Ward a été rendue cette semaine : Merideth avait parfaitement le droit de dégommer le drone de Boggs car il passait sur sa propriété sans l’autorisation du propriétaire. Ce jugement pourrait avoir de l’importance pour des compagnies comme Amazon ou Walmart qui souhaitent de plus en plus faire livrer des produits par drone. Si les appareils qui transportent votre bouquin se font descendre en plein vol à chaque fois qu’ils traversent un pâté de maison, cela risque de compliquer le processus. Surtout si la justice s’inscrit du côté des tireurs.

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