Le télescope EHT (Event Horizon Telescope) entrera bientôt en fonction. En mobilisant des antennes partout dans le monde, il ambitionne d'observer un trou noir supermassif via son horizon des événements.

Photographier indirectement un objet céleste invisible à l’œil nu grâce à un télescope virtuel doté d’une surface presque aussi étendu que la Terre. Telle est en quelque sorte la mission du télescope EHT (Event Horizon Telescope), dont la mise en route devrait survenir courant avril.

Celui-ci doit permettre d’observer les phénomènes autour des trous noirs supermassifs (d’où son nom de télescope dédié à l’horizon des événements, un phénomène qui désigne la zone de non-retour au-delà de laquelle plus rien ne peut s’échapper, pas même la lumière) pouvant se trouver au centre des galaxies.

Plus précisément, le télescope EHT va pointer ses antennes en direction de Sagittaire A*, une source particulièrement vive d’ondes radio qui est considérée aujourd’hui par la communauté scientifique comme étant la preuve de la manifestation d’un trou noir supermassif situé au centre de notre galaxie, la Voie Lactée.

Une idée de ce que l’on pourrait voir ?

Le trou noir n’étant pas directement visible, c’est donc par observation indirecte que les astronomes vont procéder en se concentrant sur l’ombre de l’horizon des événements, expliquent-ils à la BBC. Ce sera un vrai défi, car l’objet qu’ils cherchent à apercevoir est situé à 26 000 années-lumière : autant tenter d’observer un objet de la taille d’un pamplemousse situé sur la Lune.

Du fait de la complexité de la mesure, le télescope Event Horizon Telescope ne sera pas constitué d’une seule antenne mais de plusieurs dizaines répartis dans une bonne douzaine de centres d’observation en Europe (France, Espagne) en Amérique (Etats-Unis, Chili, Mexique) et même en Antarctique.

Les sites utilisés par EHT

Tous pointeront dans la même direction et, grâce à une mise en réseau de leurs observations, ils pourront générer une image du trou noir — ou plutôt de ce qui se passe autour. C’est ce qu’on appelle l’interférométrie à très longue base.

Avec ce procédé, explique Wikipédia, « les données reçues de chaque antenne du réseau sont marquées avec une heure précise, généralement fournie par une horloge atomique locale, puis enregistrées sur bande magnétique ou disque dur. Les enregistrements de chaque antenne sont ensuite rassemblés et corrélés afin de produire l’image résultante ».

Les données collectées par les télescopes terrestres partenaires seront ensuite transmises à Boston, à l’observatoire Haystack du MIT. Là, ce sera alors au tour des algorithmes d’entrer en action afin de produire une photographie basée sur les observations. Mais il faudra attendre un peu avant de la voir ; si les mesures auront lieu du 5 au 14 avril, la publication de la photo est attendue plutôt pour 2018.

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