Des ingénieurs de la célèbre université américaine ont réalisé du « métaverre », une couche de nanomatériaux plus performante que des verres traditionnels. Le prototype, malgré son grand potentiel dans le monde technologique, n'affiche pour l'instant que deux couleurs.

Les ingénieurs de Harvard ont conçu une surface prometteuse avec différents nanomatériaux, qui pourrait remplacer à l’avenir les écrans des smartphones, les objectifs des appareils photos et les verres de lunettes.

Le matériau, baptisé « métaverre », a une longueur d’onde chromatique assez limitée qui se situe entre les fréquences à 490 nm et 550 nm du spectre visible (correspondant respectivement à la couleur bleue et verte).Une aberration chromatique empêche le métaverre de refléter les autres couleurs.

Crédits : Harvard SEAS

Plus léger et moins cher

Le matériau est composé par des nano-colonnes de dioxyde de titanium, alignées avec des schémas spécifiques pour pouvoir refléter la lumière vers des points focaux. Mais même si ce prototype présente encore des défaillances techniques, Federico Capasso, un professeur de physique appliquée à Harvard, s’enthousiasme : « Les verres traditionnels des microscopes et des caméras — y compris ceux des smartphones et des ordinateurs — nécessitent des courbures pour corriger les aberrations chromatiques, qui leur ajoutent plus de poids, d’épaisseur et de complexité. Notre nouvelle découverte, le métaverre, intègre une structure interne qui corrige automatiquement les aberrations chromatiques avec une seule couche. »

Ainsi, le métaverre pourrait se substituer progressivement aux verres traditionnels des appareils électroniques, grâce à son coût de production très accessible, selon les scientifiques. Zhujun Shi, l’un des auteurs de l’étude, explique le potentiel de la découverte : « Cette méthode pourra être utilisée par les ingénieurs pour concevoir des composants très fins et avec une bonne performance. La couche est réalisée avec un seul processus de lithographie et elle peut être produite par des techniques de fabrication à haut rendement, comme la nano-impression. »

L’équipe d’ingénieurs avait déjà développé une version précédente du métaverre l’année dernière, mais elle reflétait seulement une couleur à la fois.

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