L'entreprise Kaspersky, en difficulté depuis le rejet de ses produits par les administrations américaines, prévoit d'organiser une consultation des codes sources de ses programmes auprès d'observateurs jugés indépendants par la firme. Le Russe compte ainsi retrouver la confiance de ses clients.

L’image de marque et l’autorité de Kaspersky semblent avoir été durablement entachées aux États-Unis, son plus gros marché, du fait des décisions gouvernementales de bannir les programmes russes des administrations.

Le FBI aurait même invité les grandes industries américaines à se passer des services de la société russe. En réponse, la firme de cybersécurité serait prête à organiser une ouverture, auprès de quelques observateurs, de ses codes sources. L’opération doit prouver que les programmes Kaspersky n’auraient « rien à cacher  ».

Rien à cacher

Le premier vendeur mondial de solutions de cybersécurité a en effet détaillé dans un communiqué son intention de soumettre ses codes sources, des programmes commercialisés et des prochaines solutions, à un panel d’experts en sécurité informatique et membres de gouvernement.

L’entreprise de Moscou espère commencer ses sessions d’ouverture des codes dès le premier trimestre de 2018. Le charismatique fondateur du laboratoire,  Eugene Kaspersky, réaffirmait ce lundi que son entreprise n’avait « rien à cacher ajoutant, avec ces opérations nous pourrons contrer la méfiance et prouver notre engagement de protéger nos clients, partout sur la planète.  » La firme ne compte pas révéler l’identité des futurs observateurs de ses codes, mais s’engage à réunir des experts crédibles en mesure de conduire des audits complets.

E. Kaspersky (Kaspersky).

Il en faudra toutefois plus pour convaincre le Capitole et les administrations américaines de revenir sur le bannissement des produits du Russe. Les affirmations de la presse nationale américaine sur l’entrisme israélien dans la firme ont consolidé la méfiance face à Kaspersky. Michael Hayden, ancien directeur de la NSA, juge que l’opération de l’entreprise est « un immense pas en avant, mais pas forcément suffisante » selon Reuters. 

Enfin, la société compte ouvrir des centres de la transparence en Asie, en Europe et aux États-Unis afin de communiquer largement à propos de ses efforts en la matière.

Après avoir été accusé de failles et faiblesses par les services secrets israéliens, puis par les services américains, la firme a désormais beaucoup à faire. Notons néanmoins que dans l’OTAN, cette méfiance n’est pas toujours partagée puisque l’Allemagne assurait récemment qu’elle ne soutenait pas l’analyse américaine concernant la firme russe.

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