Pour son dernier discours sur l'état de l'Union (SOTEU), le président de la Commission se savait attendu : il y a un an, il enregistrait les multiples défaites de l'Union. En 2017, le temps est à l'offensive : économiquement, l'UE va mieux, politiquement, les rangs se resserrent. L'occasion d'avancer sur le front de la cyberguerre selon Juncker.

Ce mercredi matin, devant un parterre de députés européens, Jean-Claude Juncker tenait son dernier discours sur l’état de l’Union. Le président de la Commission s’est montré, comme l’attendaient les observateurs, offensif et déterminé.

Alors que l’an passé, le Luxembourgeois constatait et enregistrait les secousses qui ont fracturé l’Union, en 2017,  M. Juncker voudrait lancer sa dernière vague de réformes. Profitant du retour de la croissance dans la zone euro et d’une union politiquement plus resserrée — paradoxalement grâce au Brexit — le discours sur l’état de l’Union du président s’est révélé ambitieux.

Cyberdéfense à grande échelle

Dans le sillage du discours d’Athènes du président français, M. Juncker s’est illustré par un volontarisme économique et politique qui dénote forcément à Bruxelles. En outre, le président de la Commission s’est dit prêt à rentrer dans une bataille longtemps ignorée jusque-là : la cyberguerre froide menée par des forces étrangères contre les institutions européennes et les États membres.

SOTEU / Parlement européen

Dans le viseur de l’Union, les nombreuses attaques informatiques attribuées à la Russie en Europe de l’Est, et à l’encontre de l’axe franco-allemand. Attaché à considérer le risque de voir des cycles électoraux être perturbés, le Luxembourgeois a lancé : « Les cyberattaques peuvent être plus dangereuses pour les démocraties que les armes et les chars  ». Cette brève intervention s’est conclue par l’annonce d’un renforcement de la cyberdéfense européenne au travers d’une agence que l’on imagine proche d’une ANSSI, à l’échelle des 26.

Wi-Fi européen

Plus prosaïquement, le président de la Commission s’est attaché aux télécommunications sur lesquelles il s’est d’abord félicité des avancées concernant le roaming. M. Juncker a néanmoins confirmé une promesse déjà prononcée en 2016 : un accès Wi-Fi haut débit dans « chaque village et chaque ville d’Europe d’ici à 2020  ». Le projet a été finalement adopté ce mardi sous le nom de WIFI4EU par le parlement.

wifi
CC Sinchen.Lin

Techniquement, ce sont entre 6 000 et 8 000 collectivités qui verront des hotspots être installés dans les lieux de vie commune. L’objectif du parlement est d’assurer au moins 50 millions de connexions quotidiennes gratuites avec un identifiant européen unique. Les politiques de collectes de données sur les Wi-Fi publics ont été dénoncées par Bruxelles qui compte ainsi assurer un service public sans fins commerciales. 120 millions d’euros ont été débloqués pour commencer la vaste entreprise de connexion des territoires qui devrait s’achever en 2020.

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