Un internaute chinois qui vendait des VPN s'est vu condamner à 9 mois de prison par la Cour populaire suprême. Cette décision a été accueillie avec inquiétude et ironie sur les réseaux sociaux chinois, alors que le gouvernement entend définitivement proscrire l'usage de ces réseaux privés virtuels, qui permettent de contourner la censure du web.

En Chine, vendre des VPN — des réseaux privés virtuels, qui permettent de contourner la censure du web, notamment pour accéder aux sites étrangers interdits — n’est pas sans risque. Un habitant de la région de Guangdong, dans le sud est du pays, a en effet été condamné à 9 mois de prison pour avoir proposé de tels services aux internautes.

S’il a été arrêté en 2016 et condamné en janvier 2017 par la Cour populaire suprême, l’affaire vient seulement de connaître un retentissement important sur le web chinois après sa découverte sur les réseaux sociaux locaux.

Le vendeur de 26 ans proposait, sur un site dédié, deux types de VPN au téléchargement, qui lui on permis de remporter, en tout et pour tout, de maigres bénéfices : un peu plus de 14 000 yuans, soit environ 1 800 euros.

Grande muraille de Chine

La lutte anti-VPN de la Chine

Cette condamnation s’inscrit dans la lignée des mesures restrictives adoptées par la Chine contre les VPN depuis janvier 2017, et plus largement contre le web, régulé — et censuré, comme l’a récemment rappelé la disparition du dissident Liu Xiaobo — de près par son grand pare-feu national.

La législation  adoptée cet été impose notamment aux fournisseurs d’accès à Internet (FAI) chinois de bloquer tout usage des VPN d’ici février 2018. Fin juillet, Apple a par ailleurs supprimé plusieurs applis VPN à la demande du gouvernement, peu avant qu’un partenaire chinois d’Amazon ne se plie aussi à ses demandes.

La condamnation du vendeur de VPN a connu un retentissement particulièrement important sur les réseaux sociaux chinois ces derniers jours, qui ont comptabilisé plus de 10 000 partages sur le sujet. On y trouve de nombreuses réactions indignées, à l’instar de cet utilisateur qui s’est contenté de poster la couverture de 1984, le roman culte de George Orwell qui dépeint une société de surveillance poussée à l’extrême. Un autre fustige la sévérité de cette condamnation : « Son crime est d’avoir cherché à connaître la vérité et d’avoir vendu une échelle [pour enjamber le grand pare-feu chinois] ».

Plusieurs internautes s’inquiètent en outre des conséquences potentielles de cette condamnation. On peut ainsi lire des messages tels que « selon elle, je suis coupable d’utiliser un VPN » ou encore : « J’ai peur que nous soyons tous arrêtés. »

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