Le gouvernement indien refuse que les véhicules sans chauffeur circulent sur les routes du pays. Le ministre des transports estime que l'automatisation de la conduite pourrait augmenter le chômage en Inde.

La démocratisation des véhicules autonomes risque de menacer des emplois. Un aléa que les autorités ne prennent pas à la légère en Inde. Nitin Gadkari, le ministre des transports, a fait savoir que le gouvernement indien n’autorisera pas les véhicules sans chauffeur à circuler sur les routes du pays.

« Comment pouvons-nous autoriser de tels véhicules alors que nous avons déjà un grand nombre de chômeurs ? », s’interroge le ministre, estimant que l’automatisation de la conduite pourrait affecter des millions de postes de chauffeurs.

Nitin Gadkari a également déclaré que son ministère ne soutiendrait aucune mesure pour alléger les droits d’importation des véhicules fabriqués par des constructeurs étrangers et arrivant en Inde : « J’ai informé les fabricants qu’ils pouvaient venir et construire leurs véhicules ici. Il n’est pas question de mettre en place un allègement fiscal. »

Ola Cabs

Les fabricants étrangers invités à construire en Inde

La décision du ministre est à replacer dans le contexte des manifestations menées par des chauffeurs d’Uber et d’Ola Cabs — le service indien de VTC –, qui demandent au gouvernement d’intervenir. De nombreux clients ont en effet déserté les deux plateformes ; en février dernier, plusieurs chauffeurs avaient entamé un mouvement de grève contre la baisse de leurs revenus et la dégradation de leurs conditions de travail.

Les chauffeurs d’Uber et d’Ola ont protesté contre la baisse de leurs revenus

Bien avant que la décision de l’Inde de boycotter les véhicules autonomes soit rendue publique, plusieurs leaders du secteur avaient déjà évoqué les difficultés de développer un tel marché dans le pays. Travis Kalanick, ex-PDG d’Uber, ainsi que Sundar Pichai, PDG de Google, considèrent en effet que les infrastructures routières et le trafic parfois chaotique rendent la navigation de véhicules autonomes difficile en Inde.

Néanmoins, d’autres voix s’élèvent pour nuancer la décision du ministre indien, arguant que Nitin Gadkari devrait au contraire encourager l’innovation en matière de conduite autonome, afin d’attirer de potentiels investisseurs.

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