Du côté de Montréal, où les scandales de pédophilie dans l'Église sont semblables à ceux connus dans l'Hexagone, une paroisse teste une surveillance accrue des prêtres. Plusieurs églises québécoises se préparent à collecter leurs empreintes digitales.

L’Église catholique de Montréal va bientôt se mettre systématiquement à enregistrer l’empreinte digitale de ses prêtres et bénévoles qui travaillent avec des enfants. Pour la communauté de fidèles, il s’agit là d’un premier moyen pour lutter contre les scandales de pédophilie qui gangrènent l’institution catholique de par le monde.

L’expérimentation en cours de test a été déployée dans dix lieux de cultes de Montréal. En plus des données biométriques de prêtres, les gestionnaires souhaitent tenir, en corrélation, un fichier reprenant les antécédents judiciaires des ecclésiastiques.

Vérification policière

Les données ainsi récoltées seront ensuite mises à disposition pour les forces de l’ordre afin de permettre à la police locale de creuser le profil des prêtres. À l’avenir, la communauté québécoise envisage de ne plus autoriser des adultes à côtoyer des enfants tant qu’ils n’ont pas passé l’épreuve de vérification policière, selon CBC News.

Afin de ne pas paraître trop suspecte, l’expérimentation est justifiée par la lutte contre la pédophilie des prêtres, mais également pour protéger « tous les vulnérables de l’église » précise l’évêque Thomas Dowd. « L’Église catholique doit être l’endroit le plus sûr pour toutes les personnes fragiles  » ajoute-t-il.

Confrontée à des affaires désastreuses, qui rappellent celles connues en France, ou encore au Vatican, de pédophilie, l’Église québécoise se veut plus ferme que ses voisines. Pour les fidèles, les solutions radicales sont nécessaires. Ainsi, même une vieille tradition catholique se voit heurtée par le dispositif de prévention : les prêtres confessant des enfants, ce qui est une discussion privée par essence, devront être accompagnés d’un adulte. Juste assez loin pour que ce dernier n’entende pas la confession, prévient une laïque.

Saint Luke Parish à Dollard-des-Ormeaux,
(Diocèse de Montréal)

Aujourd’hui, dix lieux sont donc concernés, mais le culte catholique canadien souhaite aller plus loin : en 2020, l’objectif fixé est de surveiller ainsi 194 diocèses sur le territoire national. Pour le moment, l’idée ne fait pas des émules en dehors du Canada, alors que pour Bertrand Montpetit, prêtre à Saint Luke Parish, dans la très québécoise ville de Dollard-des-Ormeaux, il s’agit d’un dispositif particulièrement efficace.

Il veut croire que les données récoltés dissuaderont tout passage à l’acte : « Si quelqu’un veut faire quelque chose de mauvais ou abuser d’une personne, en sachant qu’il existe tous ces filtrages, ils ne voudront plus devenir volontaires dans nos églises !  »

Une réponse peut être un peu courte à un problème qui ronge l’institution catholique aux quatre coins du globe, uniquement quand l’Église est épinglée : elle est en effet rarement proactive pour dénoncer ces membres délinquants.

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