Facebook continue de lutter contre les fausses actualités. Disponible en France depuis quelques semaines, le label d'avertissement « contenu contesté » contre la désinformation devient accessible à davantage d'utilisateurs.

Facebook poursuit son combat contre la désinformation. Alors que le réseau social a effectué une mise à jour de son algorithme de classement pour tenir à l’écart les contenus jugés trompeurs et apporté de nouveaux outils aux membres pour signaler les fausses actualités, une fonctionnalité additionnelle est en train d’apparaître sur la version américaine du site communautaire.

Il s’agit d’un label d’avertissement situé sous les liens pointant vers des articles dont le contenu est contesté par d’autres sources. Visuellement, il a la forme d’un encart rectangulaire avec un pictogramme de mise en garde rouge. La mention « Contesté par » accompagnée du nom de la ou des sources qui réfutent les allégations du sujet qui a été partagé complète le signalement.

Source : Guardian

Le dispositif a été testé par le Guardian. Il s’avère que le label est apparu lorsque des utilisateurs ont voulu partager une fausse actualité sur Facebook. En choisissant d’ignorer l’avertissement, une seconde mise en garde est apparue lorsque le bouton « Publier » a été actionné, en répétant que le sujet qui est en train d’être partagé est controversé. Ignorer le second signalement permet de publier l’article.

En revanche, il a été constaté que le label apparaît sur le fil d’actualité des internautes dont l’un des amis a partagé le lien en question. Des liens pointant vers les articles de presse contestant le sujet marqué comme étant une fausse actualité sont mis à disposition — à la fois pour celui qui publie que pour ceux et celles qui risquent de la lire — ainsi qu’une page d’aide dédiée rédigée par Facebook.

En réalité, la fonctionnalité n’est pas tout à fait nouvelle.

Elle est expérimentée en France depuis quelques semaines avec le concours de huit médias hexagonaux. Lorsque des utilisateurs signalent une information qu’ils jugent fausse, le lien de celle-ci est compilé dans un portail auquel ont accès tous ces médias : si deux d’entre eux la reconnaissent comme fausse après l’avoir vérifiée, le lien visible sur Facebook apparaît alors comme remis en cause et tout tentative de partage s’accompagne d’une alerte à ce sujet.

Selon le Guardian, la fonctionnalité reste inaccessible dans plusieurs pays. Des tests ont en effet montré que le label est apparu pour les journalistes se trouvant dans la baie de San Francisco mais pas pour les équipes basées à Londres ou à Sydney. L’accent est manifestement mis sur les États-Unis pour l’instant, dans la mesure où le problème des fausses actualités semble plus prégnant.

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CC Dave Meier

Dans le test conduit par le journal britannique, l’actualité contestée porte sur un article publié par un blog de divertissement basé à Rhode Island. Baptisé Newport Buzz, il est intitulé « le commerce des esclaves irlandais — les esclaves que le temps a oublié ». Ce sujet a connu une notoriété importante, notamment sur les réseaux sociaux, du fait de la Saint-Patrick, une fête très importante en Irlande.

La veille de la Saint-Patrick, le 16 mars donc, l’Associated Press a publié un article visant à vérifier les faits sur ce prétendu commerce des esclaves irlandais qui aurait concerné des milliers de personnes à être exploitées aux États-Unis. Une seconde source, Snopes.com, qui est l’équivalent anglophone de HoaxBuster, a été utilisée pour confirmer le caractère trompeur de l’article de Newport Buzz.

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