1984, célèbre dystopie de George Orwell, voit ses ventes grimper en flèche aux États-Unis. Entre la post-vérité et la novlangue, il n'y a après tout que quelques degrés.

1984, le roman dystopique de George Orwell est victime de sa popularité depuis très longtemps. En effet, à chaque fois qu’il est fait référence quelque part à un réseau social, de la surveillance ou à peu près n’importe quoi qui fait peur, on trouvera quelqu’un pour lâcher un « 1984 », sans plus de précision, faisant perdre dans le même temps la profondeur de l’ouvrage. Le livre d’Orwell est pourtant d’une rare finesse (et notamment les pages au milieu qui constituent une théorie critique de l’histoire) et se passerait bien des nombreuses simplifications à outrance qui le réduisent à un slogan.

Il aurait peut-être permis à certains de comprendre les mécaniques qui participent à la création d’un régime totalitaire — la surveillance technologique n’étant qu’un des points d’un grand tout qui repose sur le mensonge, l’opportunisme et la modification de la langue au service d’une idéologie. Qui a dit post-vérité (mensonge), alt-right (suprématisme blanc, fascisme) ou faits alternatifs (désinformation) ?

Rien n’est perdu pour autant : 68 ans après sa première publication, 1984 est redevenu ce mercredi le livre le plus vendu sur Amazon et le 6e le plus vendu sur l’iBook Store. D’après nos confrères de The Verge, le pic de vente a commencé juste après la conférence de presse de l’attaché de la Maison Blanche qui a ouvertement menti, sans sourciller, aux médias présents dans la salle de presse après l’inauguration de Trump. D’après Penguin, qui édite 1984, il est courant de voir un pic de vente en janvier (le livre étant au programme de certains cursus scolaires), mais jamais de cette ampleur. L’éditeur a lancé la réimpression de 75 000 copies cette semaine.

Si vous ne l’avez pas encore lu, c’est le moment de vous rattraper : après tout, 2017 est aussi une année électorale pour la France.

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