Un procureur coréen a demandé au tribunal de Séoul l'arrestation du dirigeant de Samsung, impliqué dans une affaire de corruption qui déstabilise le pays depuis plusieurs mois.

Depuis quelques mois, la Corée du Sud est plongée dans un scandale politique de grande ampleur. En effet, la présidente Park Geun-hye est impliquée dans une affaire de corruption étatique, qui aurait été orchestrée par une chamane, Choi Soon-sil, 60 ans, fille du créateur d’une secte nommée l’Église de la Vie Éternelle. Choi Soon-sil aurait manipulé la présidente pour arriver à différents résultats. Entre autres faveurs, on trouverait la négociation par l’état coréen de dons colossaux venus d’entreprises privés à une association possédée par la secte.

Park Geun-hye en visite à Londres

Cette affaire qui pourrait tout droit sortir d’un bon roman mêlant politique, espionnage et milieux occultes a déstabilisé le pays. Depuis les révélations, les Coréens ne cessent de manifester leur mécontentement et l’organisation politique de la Corée procède à une chasse aux sorcières particulièrement nécessaire dans ce contexte. Plusieurs procureurs tentent de démêler tous les fils de l’affaire depuis plusieurs mois. Pendant ce temps, la présidente qui a été destituée joue un jeu ambigu qui exaspère la population, promettant son départ sans jamais vraiment quitter son poste… 

Dans tout cela, cela semblait impossible que Samsung sorte complètement innocent de cette histoire, tant le conglomérat de la tech est puissant dans le pays. Et aujourd’hui, après une enquête sur ses finances, on apprend qu’un des procureurs a demandé l’arrestation d’un vice-président du géant Coréen, Lee Jae-yong. Ce n’est pas n’importe qui et il ne faudrait pas s’arrêter au titre de « vice-chairman » : il est le fils unique du président de Samsung et l’héritier de l’empire technologique de son père. Aujourd’hui, c’est d’ailleurs lui qui en a les commandes dans la mesure où son père a été jugé inapte à diriger après une attaque cardiaque.

Le dirigeant de Samsung aurait donné des millions de dollars à la secte en échange de faveurs politiques

Lee Jae-yong a été entendu pendant 22 heures par les enquêteurs la semaine dernière, aux côtés d’autres dirigeants de LG et de Hyundai, deux autres multinationales coréennes qui pourraient avoir été liées au scandale.

Que reproche-t-on au dirigeant de Samsung ? D’avoir donné plusieurs dizaines de millions de dollars aux associations de la secte en échange d’un appui gouvernemental au sujet d’une fusion entre deux filiales de Samsung. En d’autres termes, de l’argent contre des décisions politiques — ce qu’on appelle communément corruption ou chantage. La cour de justice de Seoul doit maintenant décider si elle autorise l’arrestation de Lee Jae-yong demandée par le procureur.

Si le tribunal accepte son arrestation, cela déstabiliserait énormément Samsung qui se remet à peine de l’affaire Galaxy Note 7.

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