Le lanceur d'alerte s'est exprimé, par visioconférence, sur la polémique entourant les fausses actualités partagées sur Facebook. Snowden appelle notamment à développer des alternatives aux plateformes dominantes (Google, Facebook, Twitter).

Edward Snowden s’invite dans le débat sur les fausses actualités partagées massivement par des groupes partisans sur Facebook. Le lanceur d’alerte, exilé en Russie depuis ses révélations sur le système de surveillance mis en place par la NSA, s’exprimait hier par visioconférence à la Real Future Fair organisée par Fusion.

L’intervention vidéo d’Edward Snowen (à partir de 11:40)

Son discours a notamment porté sur l’influence potentielle de ces pages sur le résultat de l’élection présidentielle américaine :  « L’idée que nos électeurs puissent être si facilement trompés serait une triste remise en cause de notre démocratie. Mais si c’est vrai, comme plusieurs facteurs semblent l’indiquer, ça pose une question bien plus grave. » En l’occurrence, le rôle de plus en plus influent exercé par les réseaux sociaux sur notre vie quotidienne.

Edward Snowden s’alarme du manque d’alternatives aux services des géants d’Internet

Selon Edward Snowden, le problème majeur reste le monopole exercé par ces plateformes utilisées dans le monde entier : « Une fois que Google, Facebook et Twitter sont [dans notre quotidien], ils semblent immortels. Quand l’une de ces plateformes prend une mauvaise décision, nous en subissons tous les répercussions. L’appétit de la Silicon Valley pour des outils massifs, d’ampleur mondiale, qui prennent une telle portée dans notre pays mais aussi dans tous les autres, nous oblige à accepter un status quo dans lequel on abandonne la compétition au profit de cette portée. »

Snowden n’a pas manqué de souligner l’évolution naturelle — souvent inquiétante — des géants d’Internet. Après une première phase fondée sur le respect des usagers, ces entreprises ont tendance à s’affranchir de nombreuses limites pour renforcer — et conserver — leur position dominante.

Pour permettre aux internautes d’être moins dépendants des ratés de ces plateformes, Snowden appelle au développement de services alternatifs : « Au lieu d’avoir un Facebook unique, il en faudrait 10 000 reliés entre eux », a-t-il notamment déclaré,  sans détailler cette proposition.

Pour le lanceur d’alerte, l’enjeu est crucial : « Inutile d’expliquer le danger que représente une entreprise suffisamment puissante pour refaçonner la façon dont nous pensons. »

À lire sur Numerama : Contre les fausses actualités, Google et Facebook s’attaquent à la publicité

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés