Business Roundtables, une puissante association de grands patrons de multinationales ayant leur siège aux USA, dénonce une prétendue « expropriation » dans la volonté de prélever l'impôt dû par Apple en Irlande et ailleurs en Europe.

On pensait avoir déjà vu la plus grande mauvaise foi possible au sujet de la décision de la Commission européenne d’exiger qu’Apple paye à l’Irlande 13 milliards d’euros d’impôts, lorsque nous avions lu la réaction absurde de la Maison Blanche. Celle-ci avait accusé l’Union européenne de chercher à piocher dans les caisses des contribuables américains, alors-même que Tim Cook continue à faire aux USA une forme de chantage pour rapatrier enfin les bénéfices accumulés dans des paradis fiscaux, en échange d’un taux d’imposition très inférieur au taux normal.

Mais c’était sans compter sur certains de ces lobbys d’industriels qui ne craignent pas le ridicule le plus complet quand il s’agit de défendre un libéralisme complètement débridé et amoral. Ainsi Le Figaro rapporte que la puissante association Business Roundtable, qui rassemble les PDG de plus de 180 grandes entreprises américaines, a envoyé un courrier incendiaire à Angela Merkel (on ne sait pas très bien pourquoi la chancelière allemande pour une décision prise par la Commission européenne…) pour prévenir des conséquences fâcheuses du souhait de l’Europe de collecter des impôts.

L’inquiétude de voir leur capital exproprié par des gouvernements souhaitant plus de revenus

Le lobby affirme, il faut oser, que serait une forme d’expropriation que de réclamer aux multinationales des impôts sur les bénéfices sans minimiser artificiellement la part imposable — et donc sans maximiser celle qui fuit vers des paradis fiscaux, comme l’a fait l’Irlande pour attirer Apple à Cork. « D’autres pays vont interpréter cette décision comme étant un comportement acceptable, plongeant toutes les multinationales, y compris celles qui ont leur siège social en Europe, dans l’inquiétude de voir leur capital exproprié par des gouvernements souhaitant plus de revenus ou punir un rival étranger  », écrit Doug Oberhelman, PDG de Caterpillar et président de Business Roundtable.

Alors que l’Irlande a fait appel, l’organisation « conjure (Mme Merkel) de travailler avec vos collègues pour combattre cette décision et mettre fin à l’utilisation des enquêtes pour aides d’État illégales qui passent outre le droit de votre pays et d’autres de déterminer et interpréter leurs propres lois fiscales ». C’est l’harmonisation européenne des règles de fiscalité, et donc une amorce de lutte contre le dumping fiscal, que l’organisation demande de combattre.

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