Apple se dit prêt à rapatrier aux USA des dizaines de milliards de dollars accumulés à l'étranger, notamment grâce aux montages fiscaux qui lui permettent d'échapper à une grande partie de son imposition en Europe. Mais pas sans obtenir que ces sommes soient taxées à un taux bien plus faible que celui habituellement payé par les entreprises américaines.

Jeudi, nous commentions la réaction virulente de l’administration de Barack Obama qui, pour défendre Apple, prétendait que demander à la firme de Cupertino de payer les impôts auxquels elle a échappés en Europe reviendrait à prendre l’argent dans les mains des contribuables américains. Nous expliquions alors que cette réaction était absurde, non seulement parce que les impôts sont bien dus en Europe pour les activités européennes d’Apple, mais aussi parce que le groupe fait tout pour que l’argent n’arrive pas non plus dans les caisses du fisc américain en le bloquant dans des paradis fiscaux.

Or justement, le sujet du rapatriement des sommes folles accumulées par Apple et mises de côté refait surface dans le contexte de leur non-taxation. « Nous avons mis de côté plusieurs milliards de dollars pour nous acquitter de nos impôts au cas où nous rapatrierions l’argent et, aujourd’hui, je dirais que ce transfert pourrait se produire l’an prochain », a ainsi affirmé Tim Cook dans une interview à la chaîne irlandaise RTE citée par Les Échos.

Apple cherche toujours à négocier un taux beaucoup plus faible

En tout, ce sont (tenez-vous bien) 215 milliards de dollars qu’Apple détiendrait ainsi dans des comptes offshore, ou sous forme d’investissements financiers, susceptibles d’être rapatriés vers les États-Unis, où ils seraient alors enfin taxés. Mais plutôt que de payer sa juste part au regard des standards d’imposition américains, où l’impôt sur les sociétés s’élève à 35 % du bénéfice, Apple cherche toujours à négocier un taux beaucoup plus faible au prétexte douteux que les sommes en question auraient déjà fait l’objet d’une taxation… au taux en vigueur dans les paradis fiscaux qu’il exploite.

« La porte-parole d’Apple a immédiatement tenté de tempérer les propos du dirigeant après l’interview, affirmant que ce dernier plaidait plutôt pour un changement de réglementation aux États-Unis, et que l’entreprise n’avait pas l’intention de modifier sa position sur le sujet », écrit ainsi le quotidien économique.

Apple fait en effet partie d’une coalition de multinationales qui réclament une modification législative pour obtenir une « amnistie fiscale » partielle lorsque les réserves de trésorerie accumulées à l’étranger sont rapatriées aux USA. Celui qui leur a donné raison pour le moment est Donald Trump, qui propose de taxer ces sommes à hauteur de 10 %.

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