Afin de couvrir avec célérité et exhaustivité l'actualité des Jeux olympiques de Rio, le Washington Post utilise un logiciel qui produit automatiquement de très nombreuses actualités pour le journal.

La presse de demain sera composée pour partie d’articles écrits par des robots dotés d’un soupçon d’intelligence artificielle. C’est en tout cas la trajectoire qui semble se dessiner, en particulier dans les médias américains, avec un usage accru de systèmes capables de produire des dépêches et des brèves en un temps extrêmement court, afin de libérer du temps aux journalistes pour qu’ils se concentrent sur des sujets qui demandent plus de temps ou sont plus pointus.

Dans ce domaine, le Washington Post est un exemple parmi d’autres. Comme le fait remarquer le site Re/Code, le célèbre quotidien a choisi de faire appel à un logiciel développé en interne pour produire automatiquement des actualités autour des Jeux olympiques qui se déroulent en ce moment à Rio de Janeiro. Des actualités qui sont essentiellement composées de données.

Robots Journaliste Presse

Une compétition comme la XXXIe olympiade s’y prête bien, puisque de nombreuses informations sont faciles à traiter de manière automatique : cela va du décompte des médailles par pays au classement général, en passant par la description sommaire du résultat d’un match sportif (comme par exemple « l’argentin Juan Martin Del Porto a battu au tennis le serbe Novak Djokovik lors du premier tour en deux sets »).

Le dispositif inventé par le Washington Post est baptisé Heliograf. Selon Re/Code, celui-ci bénéficie d’une équipe à temps plein de trois ingénieurs, qui est renforcée à mi-temps par des analystes produit, ainsi que par quatre ou cinq rédacteurs qui aident à la conception du programme. Celui-ci est globalement chapeauté par le gérant des données scientifiques et par le responsable de la partie numérique du journal.

Une démarche qui n’est pas nouvelle

La démarche du quotidien américain s’inscrit dans un mouvement que l’on a commencé à percevoir il y a plusieurs mois maintenant, pour ne pas dire quelques années. L’agence de presse AP par exemple s’est lancée dans ce créneau en 2014 en déléguant à des journalistes robotisés l’écriture de papiers d’informations financières en se basant sur les rapports publiés par les entreprises (chiffre d’affaires, ventes , bénéfices…). Le dispositif a aussi été mis en place pour le suivi de l’actualité sportive.

En France, la presse hexagonale est aussi en train de faire progressivement appel à des logiciels pour traiter automatiquement des données pour en faire des dépêches. Dans le cas du Monde, pas moins de 36 000 articles ont été publiés : le processus n’était certes pas insurmontable : il fallait que le robot remplisse un texte à trou en modifiant le nom des villes, celui des candidats et le résultat du scrutin.

On le devine : il aurait été absolument impossible pour Le Monde, malgré ses moyens très importants, de traiter avec célérité autant d’informations, même en mobilisant toute sa rédaction. Il est donc préférable que ces contenus, qui n’ont de toute façon pas une très grande valeur ajoutée, soient confiés à des logiciels tandis que les journalistes pourront se concentrer sur d’autres aspects de l’actualité.

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