Le Viêt Nam a coupé l'accès à Facebook lors de la viste du président américain, Barack Obama. Le gouvernement devient coutumier du fait.

De la visite de Barack Obama au Viêt Nam, les internautes se souviendront très probablement de cette photo publiée sur le compte Instagram du chef cuisinier Anthony Bourdain, qui a collecté plus de 120 000 likes. On peut y voir le président américain installé, l’air de rien, dans un restaurant bon marché d’Hanoï.

Capture Obama
Barack Obama dans un restaurant bon marché au Viêt Nam (Instagram : Anthony Bourdain)

Malheureusement, cette photo cocasse a peut-être détourné l’attention. Access Now, une association de défense des droits de l’homme, et Viêt Tân, un parti pro-démocratie, affirment en effet que le Viêt Nam a coupé l’accès à Facebook pendant la visite de quatre jours du chef d’Etat américain, du 22 au 25 mai. Pour prouver leurs accusations, ils citent notamment des témoignages d’internautes vietnamiens recueillis, entre autres, sur Twitter.

Avec cette visite, Barack Obama souhaitait essentiellement développer sa politique étrangère en Asie et contrer l’influence commerciale de la Chine dans le continent. Néanmoins, il a également promu l’importance de la liberté d’expression et a reproché au gouvernement communiste vietnamien sa forte répression à l’encontre des mouvements de protestation.

Vaine, cette réprimande sonne comme un coup d’épée dans l’eau puisque, selon les activistes qui ont révélé l’information, c’est précisément pour museler l’opposition que l’accès à Facebook a été censuré. Les militants auraient en effet pu profiter de cet événement diplomatique pour organiser des manifestations en se mobilisant sur le réseau social. À noter que l’arrivée de Barack Obama, le dimanche 22 mai, coïncidait avec les élections parlementaires pendant lesquelles les opposants avaient appelé au boycott.

Le gouvernement vietnamien n’en est pas à son coup d’essai. À peine quelques jours plus tôt, les autorités avait déjà décidé de bloquer Facebook pour limiter les risques de manifestations. Il s’agissait cette fois d’éviter des contestations contre sa gestion d’une catastrophe environnementale provoquée par un industriel, qui entraîne depuis plusieurs mois la mort d’un nombre impressionnant de poissons tout le long de la côte littoral du pays.

Une pratique courante

Censurer les réseaux sociaux est monnaie courante dans les pays aux tendances autocratiques. Même près de chez nous. On se rappelle ainsi de la Turquie où Recep Tayyip Erdogan a fait de YouTube et Twitter ses ennemis jurés. Les deux plateformes sont en effet les outils préférés de ses détracteurs qui y dénoncent notamment les nombreuses affaires judiciaires dans lesquelles le chef de l’état est impliqué. En 2014, elles étaient toutes les deux momentanément censurées. Même son de cloche au Pakistan où YouTube a été bloqué en 2012 pour des contenus jugés blasphématoires.

D’autres pays s’ajoutent à liste : Ouganda, Thaïlande, Malaisie, Irak, Iran… Les réseaux sociaux ne sont pas appréciés par les gouvernements non démocratiques, pour qui le contrôle de l’information permet un contrôle de la population. La censure est très souvent justifiée par la volonté de protéger l’ordre public et de garantir la sécurité de la population. Pourtant, comme l’écrit Access Now sur son site, « ces coupures, au contraire, mettent en péril l’accès à des informations vitales et aux services d’urgence et plongent des sociétés dans la peur et déstabilisent la capacité d’Internet à soutenir des petits commerces et développer l’économie ».

Facebook compte plus de 30 millions d’utilisateurs au Viêt Nam.

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