Depuis cette semaine, le Japon expérimente la livraison par drones à domicile. Limité pour le moment à la ville de Chiba, le test s'étendra ensuite à la baie de Tokyo.

On peut faire beaucoup de choses avec un drone. Faire la guerre, s’amuser dans son jardin, tourner des films et des documentaires, diffuser du Wi-Fi, sauver des vies, valoriser le patrimoine, surveiller des champs ou des installations, assister la police et livrer des colis. Cette dernière catégorie est d’ailleurs très à la mode. Les tests de La Poste, Walmart ou encore Amazon illustrent cette tendance.

Il faut dire que les drones sont susceptibles de bouleverser la livraison de proximité, en réglant la problématique du « dernier kilomètre » à parcourir par les livreurs, mais aussi de faciliter l’expédition de fournitures et de vivres dans des endroits difficiles d’accès ou sinistrés après une catastrophe. Cette approche est par exemple utilisée au Rwanda pour l’expédition de médicaments dans les zones reculées du pays.

Une première étape avant un test plus poussé

C’est dans ce contexte que le Japon est en train d’expérimenter la livraison à domicile dans la ville de Chiba, une ville peuplée par près d’un million d’habitants, rapporte l’agence de presse Kyodo, reprise par BGR. Les tests ont débuté lundi à des endroits où les restrictions d’usage des drones sont moins strictes, comme les parcs, les zones commerciales et les toits des bâtiments. Au cours de ce test, les drones volent entre des points définis à l’avance dans la ville pour livrer les colis. La prochaine étape sera de faire circuler des drones entre la baie de Tokyo et Chiba, afin de les mettre à l’épreuve sur une plus longue distance — 10 kilomètres, donc 20 kilomètres en incluant le retour — et face à des conditions climatiques plus compliquées, en particulier en cas de rafales de vent.

Le Japon compte par ailleurs mettre au point un système de contrôle aérien pour observer en temps réel l’évolution des drones dans son espace aérien, à l’image de ce qu’est en train de développer la Nasa aux États-Unis avec le concours d’entreprises comme Google et Amazon, qui soutiennent évidemment toutes les initiatives allant vers la démocratisation des drones.

Chiba
CC drufisher

Pour un pays comme le Japon, les drones peuvent s’avérer très utiles pour apporter des biens en peu de temps. Le relief nippon est en effet très accidenté et certains lieux sont difficiles d’accès. En outre, les Japonais doivent affronter des phénomènes naturels très durs (séismes, tsunamis, glissements de terrain, éruptions volcaniques), qui peuvent empêcher les secours d’intervenir ou isoler des localités.

Ces tests de livraison surviennent peu après les changements législatifs introduits dans la loi japonaise l’automne dernier. Face au succès croissant des drones de loisir et à la suite de quelques incidents, comme l’atterrissage inopiné d’un engin contenu une minuscule dose de radioactivité sur le toit de la résidence du premier ministre, les autorités ont voulu resserrer le cadre pour éviter les dérives.

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