En Australie, une association de défense des femmes victimes de violences domestiques va bénéficier d'une aide de 2,5 millions de dollars qui seront investis dans l'achat de smartphones.

Le gouvernement australien a débloqué cette semaine 2,5 millions de dollars australiens, soit environ 1,7 million d’euros, au profit d’une association de défense des femmes victimes de violences domestiques, la Women’s Services Network (WESNET).

Ces 2,5 millions de dollars ont pour but de renforcer le partenariat déjà existant avec Telstra, une entreprise de télécommunications australienne, et ainsi d’étendre son programme Safe Connections lancé il y a plus d’un an. 20 000 smartphones supplémentaires seront fournis sur les trois prochaines années. Depuis 2014, Telstra a permis à la WESNET de posséder 2500 smartphones.

La présidente de l’association, Julie Oberin, s’est félicitée de cette subvention provenant du Women’s Safety Package, une enveloppe de 100 millions de dollars mise en place par le gouvernement et destinée à lutter contre les violences familiales.

Des smartphones contre les violences domestiques

Pour la WESNET, l’usage de smartphones peut en effet protéger les femmes de violences domestiques en leur permettant de garder un contact avec leurs familles et leurs amis sans craindre d’être surveillées ou stalkées par leurs partenaires. Elles pourront utiliser un autre téléphone que celui dont le mari décortique la facture détaillée…

«  Nous pensons que les femmes n’ont pas à éviter l’usage de la nouvelle technologie parce qu’elles veulent éviter les abus », explique WESNET dans son communiqué de presse, avant d’ajouter : « Les femmes ont besoin de comprendre la technologie et de savoir comment l’utiliser de façon sécurisée pour accéder à tous les services proposés, et le plus important, c’est de savoir comment collecter des preuves contre leurs partenaires coupables ». On croit donc comprendre, en creux, que les smartphones servent aussi d’appareil photo.

Mais l’idée est aussi de fournir des téléphones à celles qui n’en n’ont pas du tout. Car ils peuvent s’avérer précieux pour collecter des preuves, lorsque le mari harcèle sa femme. Sur les cinq dernières années, des études américaines et australiennes auraient ainsi remarqué une augmentation de la violence domestique à travers des abus en ligne, qu’il s’agisse de suivre l’épouse à la trace par SMS, ou de la violenter moralement. « Il peut en effet s’agir de SMS abusifs, d’humiliations ou d’impostures sur Facebook », raconte l’association australienne.

Depuis l’année dernière l’association australienne a déjà distribué plus de 2500 smartphones fournis par Samsung, ZTE ou HTC. Mais les téléphones fournis ne sont pas particulièrement sécurisés, par exemple avec un code de déblocage imposé qui éviterait que le mari ne puisse consulter lui-même la liste des SMS ou des e-mails reçus et envoyés.

Et en France ?

Pas de smartphones offerts aux femmes en France pour le moment, mais un mobile d’urgence pour les femmes victimes de violences conjugales. En août 2014, Christiane Taubira, alors garde des Sceaux, avait généralisé le déploiement du Téléphone Grand Danger permettant au femmes de prévenir, via une géolocalisation, la police en cas de violences.

Ce dispositif était testé depuis 2011 dans 13 départements et aurait permis, selon le gouvernement, de sauver des vies mais aussi d’interpeller et de sanctionner les auteurs de violences.

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