En Islande, le Parti Pirate caracole en tête des sondages et ne cesse des battre des records. A un an des élections, le parti enregistre 42 % des intentions de vote, ce qui lui permettrait de gouverner.

L’Islande deviendra-t-elle le premier pays au monde dirigé par des Pirates ? Depuis près d’un an, le Parti Pirate islandais arrive systématiquement en tête dans les sondages de la petite île nordique, et les électeurs semblent plus disposés que jamais à donner leur confiance à la jeune formation politique.

Selon un sondage publié par le quotidien Fréttablaðið et Channel 2, le Parti Pirate caracole désormais à près de 42 % d’intentions de vote, ce qui ferait de lui — et de très loin — le premier parti politique d’Islande. En mars 2015, lorsqu’il est arrivé pour la première fois en tête dans un sondage de l’institut MMR, le Parti Pirate recueillait 23,9 % d’intentions de vote chez les électeurs. Son ascension ne fait que s’amplifier depuis. En novembre, Fréttablaðið plaçait le PP à 36,3 %.

Birgitta Jónsdóttir, députée du Parti Pirate d'Islande
Birgitta Jónsdóttir, députée du Parti Pirate d’Islande

Avec 42 % dans les sondages, le Parti Pirate fait pas loin du double du Parti des Indépendants,qui arrive en deuxième position à 23,2 % d’intentions de vote. Les Parti Progressiste, Alliance socio-démocrate et Gauche verte, pointent quant à eux autour de 10 % d’intentions de vote chacun.

La semaine dernière, un sondage MMR avait placé le Parti Pirate à 34,9 % des voix.

Des propositions sociales et économiques

Même Birgitta Jónsdóttir, élue en 2013 au Parlement avec deux autres candidats Pirates, ne sait expliquer pourquoi le parti qu’elle a cofondé soulève à ce point l’adhésion. « Je ne sais vraiment quoi dire », s’étonne l’ancienne porte-parole de Wikileaks, qui fut au cœur d’un combat judiciaire entre Twitter et l’administration américaine. « Je ne sais pas pourquoi, mais il faut rester humble ».

Une explication toutefois : dans ce petit pays de quelques 320 000 habitants, mener campagne pour faire entendre ses idées est beaucoup plus facile et accessible que dans les grands pays de dizaines de millions d’électeurs. Dans son programme, le Parti Pirate plaide pour une réforme du droit d’auteur bien sûr, mais aussi et surtout pour une meilleure protection de la liberté d’expression et de la vie privée, une démocratie plus directe, une plus grande transparence de la vie politique, une durée légale de travail hebdomadaire de 35 heures (elle est actuellement de 40 heures), un meilleur encadrement des crédits à la consommation, ou encore une dépénalisation des drogues.

Les prochaines élections législatives en Islande auront lieu en avril 2017. En 2013, le Parti Pirate n’avait remporté que 5,1 % des sondages, mais il n’avait alors même pas un an d’existence.

L'évolution des sondages en Islande entre avril 2013 et janvier 2016.
L’évolution des sondages en Islande entre avril 2013 et janvier 2016. (source)

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