Un groupe d'anonymes reprochant à Facebook sa surpuissance politique et ses pratiques sociales s'est attaqué au siège allemand de la société à Hambourg.

La contestation contre Facebook s’exerce aussi hors ligne. Samedi soir, le siège allemand de Facebook à Hambourg a été vandalisé à coup de jets de pierres, de fumigènes et de tags, par des personnes anonymes qui ont pu prendre la fuite avant l’arrivée de la police. Un message « Facebook Dislike » (« Je n’aime pas Facebook ») a été taggé en rouge sur un mur jouxtant les fenêtres et la porte d’entrée endommagées.

L’attaque a été revendiquée par un groupe d’internautes anonymes sur le site Indymedia, Outre les critiques attendues sur la question du respect du droit à la vie privée, les vandales reprochent à Facebook sa vision particulière du progrès social. Le texte commence par un rappel de la possibilité désormais offerte aux employées de Facebook aux États-Unis de congeler leurs ovocytes pour privilégier leur carrière sur leur projet familial à court terme, alors que Mark Zuckerberg vient lui-même de devenir père d’une petite fille.

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La superpuissance politique de Facebook

Le texte évoque également la puissance d’influence politique de l’algorithme de Facebook qui choisit les informations affichées auprès des membres et donc celles qui ont le plus de chances d’être lues et partagées. « Qui contrôle l’Internet contrôle non seulement la connaissance de l’humanité, mais peuvent aussi l’influencer de telle sorte que les points de vue, les préférences et les habitudes paraissent toutes très individualisées », écrivent-ils. « Le développement de l’Internet progresse beaucoup plus rapidement que ne se forme la conscience de l’humanité des conséquences de la numérisation ».

Une rébellion contre ce monde ne sera pas par une réforme de l’Internet

Les auteurs reprochent aussi à Facebook, entre autres griefs, d’avoir accepté de collaborer avec Europol pour contourner la justice, d’avoir réalisé des expériences de manipulation mentale sur ses membres, ou encore d’avoir prétendument rendu invisibles des messages qui auraient pu créer un véritable climat d’insurrection après les événements de Ferguson, aux États-Unis.

Ils se disent persuadés que les actions physiques « dans le monde réel » sont beaucoup plus efficaces que les actions symboliques en ligne, pour faire plier les géants du Web. Ils prennent en exemple les manifestations dans la Silicon Valley contre l’impact social de quartiers entiers d’employés fortunés, ou la lutte des taxis parisiens contre Uber.

« Une rébellion contre ce monde ne se fera pas par une réforme de l’Internet », écrivent les vandales, qui demandent aux internautes de les imiter contre Google, Apple, Amazon et les autres géants du secteur.

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