Interview assez surréaliste que celle de Bob Sinclar à BFM (écoutable chez nos confrères de 01Net), qui s’est félicité d’avoir vendu 350.000 exemplaires de son disque « Soundz of Freedom« … grâce aux ventes du téléphone Sony Ericsson avec lequel il était livré en bundle numérique. « Ca fait un disque de platine !« , s’émerveille Bob Sinclar. « C’est incroyable ce qui s’est passé« , s’étonne le DJ français. « C’est vrai qu’aujourd’hui on ne sait pas comment va être distribuée la musique de demain, on cherche des idées, et c’est vrai que le téléphone va être un objet indispensable pour écouter de la musique« . Peu importe si le modèle économique ou technologique semble aller contre la valeur artistique de la musique et servir essentiellement le pan commercial.

Bob Sinclar s’était déjà distingué une première fois en étant le premier à gagner une sonnerie d’or (si si, ça existe) en vendant plus de 100.000 sonneries pour téléphones mobiles. La plupart des artistes se seraient montrés discrets et presque éhontés d’en être réduits à vendre un tel gadget musical pour avoir droit à une récompense. Mais Bob Sinclar, pas du tout, bien au contraire. « C’est incroyable, j’avais déjà été le premier à gagner un disque d’or des téléchargements de sonneries, donc c’est vraiment génial on expérimente des choses« , se réjouit la star du sample, qui porte un regard à la fois cynique et parfaitement réaliste sur la situation économique de son métier.

Bob Sinclar a conscience en effet que « la musique est téléchargée gratuitement par un grande nombre de jeunes qui n’ont pas forcémment les moyens d’acheter des disques, il y a une multiplication des loisirs et on dépense beaucoup d’argent dans le paraître et on a envie de consommer« . « Si la musique est gratuite alors pourquoi allons-nous l’acheter ?, interroge-il. Donc maintenant on va voir les DJ en live, on achète des téléphones avec les DJ à l’intérieur, on peut acheter des vidéos, on peut acheter pas mal de choses, tout ce qui tourne autour de l’artiste qu’on aime. On cherche une nouvelle façon de diffuser et de vendre notre musique« .

Une façon parfaitement assumée de continuer à faire de la musique un métier, ce qui n’est pas en soi un droit, mais un privilège.

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