Alors que de nombreuses études études (on parle de plus de 125) ont établi que l’utilisation de téléphone pendant la conduite augmentait le risque d’accidents, deux universitaires américains remettent en cause ce lien, qui, parfois, a été amené au même niveau que les dangers de la drogue ou de l’alcool au volant.

Pour ce faire, ils ont pris le nombre d’accidents fatals de 1987 à 2005 dans les états américains, et n’ont trouvé aucune augmentation significative, même pendant le pic d’appels situé à 21h (heure à laquelle de nombreux opérateurs offrent les communications). De l’autre côté, les deux diplômés en économie ont comparé les taux d’accidents après qu’un état ait passé une loi restrictive ou bannît l’usage du téléphone au volant et n’ont trouvé aucune baisse non plus.

« Peut être que les conducteurs ne sont pas aussi irrationnels que nous le pensons » commente l’un des auteurs de la recherche. « Dans la vie réelle, les gens doivent être plus conscients des risques du téléphone portable, et doivent ajuster leur comportement au volant. »

Les deux universitaires ne remettent pas en cause les dangers liés à la conduite avec téléphone – l’un d’entre eux avouant même avoir commis deux accrochages sur sa route de vacances où il utilisait fréquemment son téléphone portable – mais tentent d’invalider le lien établi et de présenter l’usage du téléphone comme « un risque pour un nombre marginal d’utilisateurs. »

« Comme nous savons que certains groupes démographiques comme les jeunes appellent fréquemment, envoient des textos pendant qu’ils conduisent, et qu’ils sont aussi des personnes à risque de par leur inexpérience de conducteur, des recherches plus approfondies mériteraient d’être menées. »

Il est toujours intéressant de déconstruire des faits établis que tout le monde prend pour argent comptant. Mais se baser sur de seules statistiques sans analyse empirique derrière pour démonter une idée paraît un peu léger, surtout si l’on considère qu’elles ne prennent en compte que les accidents mortels. Pourtant, l’usage du téléphone au volant n’est-il pas plus enclin à provoquer des accrochages mineurs dans une circulation citadine ?

Quoiqu’il en soit, les deux diplômés ont au moins souligné le fait que malgré l’arrivée de cette pratique massive (40 % des conducteurs avouent utiliser leur téléphone en conduisant), le nombre d’accidents n’a pas bougé pour autant.

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