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Les dépenses annuelles en DRM devraient doubler d'ici 2012

Guillaume Champeau - publié le Lundi 19 Mars 2007 à 14h01 - posté dans High-Tech

Plus de 9 milliards de dollars vont être dépensés en techniques de protection anti-copie par les industries des loisirs, de la culture et des logiciels, pendant les cinq prochaines années. Le budget annuel accordé aux DRM pourrait doubler d'ici 2012. Pour quoi faire ?

C'est une des grandes victoires de l'industrie du logiciel sur ces dix dernières années : réussir à faire croire aux industries de la culture et des loisirs numériques que la protection contre la copie est utile, nécessaire, et surtout efficace. Le discours, à vocation purement commercial, a convaincu les décideurs des grandes industries du droit d'auteur qu'il leur fallait dépenser des dizaines de millions de dollars chacune dans le développement de solutions anti-copie ou de systèmes de gestion électronique des droits. En 2007, c'est plus de 1 milliard de dollars qui devrait être dépensé pour la protection technique des oeuvres.

D'ici 2012, le montant annuel dépensé par l'industrie pour imposer des solutions matérielles et logicielles contre la copie devraient être quasiment multiplié par deux, et atteindre 1,94 milliard de dollars. La somme est élevée, mais elle est très relative au regard des milliards de dollars de recette encaissés chaque année par les industries du logiciel, de la culture et des logiciels numériques. En réalité, le véritable coût des DRM n'est pas dans les licences ou dans la recherche et développement, mais dans le manque à gagner pour l'industrie.



La contre-performance économique des DRM

Les DRM (Digital Rights Management), protégés en France par la loi DADVSI du 1er août 2006, n'ont jamais prouvé leur efficacité commerciale. Bien au contraire, les voix s'élèvent jour après jour pour dénoncer ces systèmes de protection qui, loin de convaincre le consommateur qu'il faut acheter des oeuvres protégées, les dissuadent et les dirigent tout droit vers les réseaux P2P que les mêmes DRM sont censés contrer. Sur les réseaux de partage de fichiers, les internautes trouvent en effet les oeuvres libérées de tout carcan technique.

Dernière voix en date à s'être élevée contre les DRM, celle de Musicload en Allemagne. La boutique de musique en ligne de T-Online (filiale de Deutsche Telekom) accuse les DRM d'être responsables de 3 problèmes sur 4 soulevés par ses clients après l'achat de titres musicaux. A l'image de la Fnac ou de VirginMega en France, Musicload a commencé à vendre quelques titres sans DRM, notamment ceux du catalogue du label indépendant Four Music. Depuis décembre où les DRM ont été retirés au profit du seul format MP3, Four Music a vu ses ventes augmenter de 40 % sur la plate-forme. D'autres labels comme Aredo, K7, Rebeat, Spectre et ZYK ont suivi le mouvement, et vendent leur musique au format MP3. Denis Olivennes, le patron de la Fnac, indiquait lui-même récemment que les labels qui jouent le jeu du MP3 sans DRM ont vu leurs ventes augmenter de 5 à 10 % en moyenne. Ceux là ont compris que le DRM était un frein et non un incitateur à la consommation.

Si les majors du disque et du cinéma continuent à dépenser des millions de dollars en DRM, c'est qu'elles entretiennent dans leurs têtes le fantasme du système anti-copie parfait. Celui qui, une fois pour toute, empêchera tout circuit alternatif de distribution de voir le jour. Les majors refusent d'abandonner ce rêve auquel elles ont tant cru lorsqu'elles écoutaient les beaux discours pleins de promesse des industries du logiciel et de l'informatique. Les majors sont comme des amoureuses éperdues, trompées par leur prince charmant, mais toujours fidèles et dans le déni constant. Il faut comprendre qu'il est extrêmement difficile pour elles d'admettre qu'elles ont pendant des années dépenser sans compter et qu'il leur faut désormais se soumettre à abandonner ce pour quoi elles ont tant espérer. Ca n'est pas de l'égo mal placé ni du machiavélisme. C'est de l'amour qui, comme tant d'amours, est devenu irrationnel.

Cette année encore, elles ont été trompées. On leur avait promis que les HD DVD et Blu-Ray ne pourraient pas être copiés. Ils l'ont été et plus vite que quiconque aurait cru. L'industrie informatique, qui a toujours les mots pour séduire, trouvera sans doute ceux qu'il faut pour convaincre Hollywood d'investir encore davantage pour combler ces nouvelles brèches. C'est la danse permanente à laquelle se livrent ces deux industries depuis tant d'années. Jusqu'à ce que peut-être, enfin, la courbe s'inverse et les budgets DRM s'abaissent.

Mais ce jour là n'est pas prêt de venir. Le coeur a ses raisons que la raison ignore.
 
Publié par Guillaume Champeau, le 19 Mars 2007 à 14h01
 
 
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Commentaires à propos de «Les dépenses annuelles en DRM devraient doubler d'ici 2012»
 
C'est un peu plus complexe que ça en fait, c'est surtout que les décideurs ont peur.
Peur du changement, peur de la technologie, peur de tout ce qu'ils ne comprennent pas(environ 90% des nouveaux comportements), peur que leurs clients soient aussi malhonnêtes qu'eux et comme eux n'aient absolument aucune éthique ou morale, peur de devoir s'adapter, peur de changer.


C'est pas nouveau, ce n'est pas lié aux DRM ou au numérique, on a déjà eu le même problème avec les disques vinyl, avec les cassettes audio, avec les K7 video, avec le cd, le svcd, le md, le dvd etc etc.

C'est juste des gens qui vivent dans le passé et l'immobilisme, qui sont incapables de changer et qui sont devenus des mastodontes monolithiques.

Le cauchemar du néo-capitalisme dans toute son horreur. Un frein énorme à l'innovation et à la concurrence, une totale inadéquation au marché(ils forcent le marché à s'adapter à eux au lieu de s'adapter au marché), et un quasi-monopole privé avec toutes les dérives connexes(corruption, entente sur les prix, etc etc).

On verra combien de temps ça durera, et ce jour là, plus dure sera la chute.
eh.. c'est un peu (ou : un autre des aspects de) ce que je disais : les cendres sont encore chaudes.
bast ! laissons les morts enterrer leurs morts.
La France avait une opportunité historique d'être à la pointe du progrès, soit par la légalisation, soit par l'expérimentation, de se débarrasser des Drm et de passer à la licence globale.

Mauvaise pioche !

Un exemple d'utilisation des Drm :
Un ami, qui avait le droit de télécharger des wma gratuitement chez Orange voulait les graver sur un cd pour mettre dans sa voiture. Il pouvait les écouter sur son Pc, mais pas les graver.
A votre avis, quelle à été sa solution pour se sortir des DRM... la mule, donc l'illégalité.

Quant à moi, je ne serais jamais bridé par des DRM puisque je boycotte.

Imaginons un instant ce que pourraient faire les ONG avec cet argent...
Agaçé, très agaçé; journée de merde.
un jour peut être comprendront-ils que tout ça est inutile... et alors ils se retourneront contre Apple et Microsoft pour leur faire un procès :D
Je n'arrive pas à comprendre. ILS vont dépenser environ 2 milliards de $/an pour des drm et ILS se plaignent d'un manque à gagner sur les ventes.

Un volontaire pour m'expliquer poiurquoi ILS sont aussi cons pour dépenser un tas de fric pour étudier des protections de me*** et venir se plaindre, apres, que leurs recettes sont en baisse. :mur:
2 milliard... :eek:

Ptêt qu'avec ça, ils tiendront plus d'une semaine sans se faire cracker :D
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