Google a envoyé à la Commission européenne sa réponse aux accusations d'abus de position dominante et aux propositions de remèdes faites par l'exécutif européen, mais réfute l'idée-même d'un abus. L'affaire ira très certainement en justice.

Ce n'est pas vraiment une surprise puisque l'on savait que Google et la Commission européenne allaient au bras de fer depuis que Google a tout fait pour retarder et miner les négociations sur une solution amiable, en proposant un remède inacceptable à ce que beaucoup voient comme des abus de position dominante. Jeudi, la firme de Mountain View a donné sa réponse aux accusations de la Commission, et Google dément abuser de sa situation quasi monopolistique sur le marché des moteurs de recherche en Europe.

Alors que la réponse officielle de 150 pages n'est pas publiée, le directeur juridique de Google Europe a résumé la position du groupe dans un billet de blog. Il se concentre toutefois uniquement sur les accusations liées à Google Shopping, en laissant de côté celles qui concernent notamment Android (mise à jour : il s'agit d'une procédure distincte), accusé de favoriser les services de Google par l'obligation faite aux constructeurs de pré-installer ses applis.

A grand pouvoir, grandes responsabilités, et les parts de marché de Google sont telles sur les moteurs de recherche et les systèmes d'exploitation mobiles que la Commission européenne estime qu'elles doivent s'accompagner de règles pour éviter que les entreprises soient dissuadées d'innover et d'investir sur un marché écrasé par Google.

Mais pour Kent Walker il n'y a aucun abus de position dominante par Google et même, les "agrégateurs de shopping" auraient gagné 227 % de trafic supplémentaire par Google depuis 10 ans, ce qui ne veut pas dire grand chose sans des données plus précises (notamment, quid depuis deux ou trois ans, et qu'est-ce qu'un "agrégateur de shopping" aux yeux de Google ?).

La firme estime que la Communication des Griefs envoyée à Google par la Commission européenne en avril dernier "ne démontre pas" qu'il y a détournement de trafic des marchands vers son comparateur de prix, "ne contre pas les bénéfices significatifs aux consommateurs et aux annonceurs, et ne fournit pas une théorie légale claire pour relier ses allégations aux remèdes proposés". Google accuse par ailleurs la Commission de ne pas prendre en compte le poids d'autres apporteurs d'affaires comme eBay ou Amazon, "qui sont les plus gros acteurs" du marché.

Les fonctionnaires de la Commission européenne, qui avait accordé un délai supplémentaire à Google pour répondre, devront désormais étudier le détail des réponses de la firme, et recueillir les réactions des plaignants. Selon le New York Times, la Commission ne devrait pas donner sa décision finale avant au mieux la fin de l'année, et plus probablement l'année prochaine. Si elle décide de condamner Google, le moteur de recherche pourra alors contester la décision devant le Tribunal de l'Union européenne, puis la Cour de Justice.

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