La Commission européenne a accordé un délai supplémentaire à Google pour présenter sa défense face aux accusations d'abus de position dominante.

Alors que la Commission européenne a enfin décidé de montrer les muscles et de menacer sérieusement Google de démembrer ses activités ou — plus vraisemblablement — de lui infliger une très lourde amende (jusqu'à 10 % de son chiffre d'affaires) s'il ne fait pas rapidement des propositions plus honnêtes pour ne plus abuser de sa position dominante, les négociations officieuses sont toujours en cours. L'agence Reuters rapporte que la Commission européenne a accordé un petit délai supplémentaire à Google pour apporter des réponses aux accusations formées contre lui, dans le cadre de la procédure contentieuse désormais ouverte, qui peut s'arrêter à tout instant en cas d'accord.

Google a ainsi jusqu'au 31 août pour répondre à l'ensemble des griefs exprimés par la Commission européenne, qui souhaite notamment que Google cesse de mettre systématiquement en avant ses propres services (tels que les comparateurs de prix, de vols, etc.) sur les résultats de son moteur de recherche principal, utilisé par plus de 90 % des internautes en Europe. La date limite avait été initialement fixée au 7 juillet, puis repoussée une première fois au 17 juillet. 

Selon un rapport de la FTC qui a fuité en mars dernier, Google exploite les informations qu'il indexe pour enrichir ses services, puis sur-référence ses propres moteurs de recherche verticaux qu'il met en avant au détriment des services spécialisés concurrents, même lorsque ces derniers sont a priori plus pertinents. Il en résulte que les entreprises sont découragées à innover dans les nombreux secteurs où Google pourrait décider de se lancer, le risque de devenir invisible auprès d'une grande partie du public étant trop fort.

Qui, par exemple, utilise encore spontanément Kelkoo ou LeGuide, que Google a remplacé de fait par ses résultats Google Shopping ? Et qui va encore sur Mappy plutôt que Google Maps ?

Le porte-parole de la Commission européenne Ricardo Cardoso a assuré que le délai supplémentaire accordé à Google était une "pratique normale", et qu'il avait été accepté après examen des motifs de la demande.

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