Six mois après sa mise en ligne, le site officiel censé permettre aux citoyens de se prononcer sur des propositions de référendums n'a toujours pas accueilli la moindre proposition. Un bug ? Non, un vide aussi attendu qu'espéré par ceux qui ont imaginé le dispositif.

Vous l'aviez déjà oublié. Nous aussi. C'est le fait de lire ce jeudi matin qu'en Suisse, "la gauche brandit la menace du référendum" pour s'opposer à une loi sur le renseignement, qui nous a rappelé l'existence du site internet ouvert début janvier par le gouvernement français, pour mettre en place l'insultant référendum d'initiative partagé, qui aurait dû s'appeler le référendum d'initiative verrouillée.

Ca nous a surtout rappelé ce que devait être une démocratie, qui en France en a surtout le nom mais pas les institutions (on rappellera s'il en est besoin que la démocratie n'est pas réductible à l'élection, voire que cette dernière peut être anti-démocratique).

Six mois après son lancement que tout le monde a déjà oublié, le site internet du référendum d'initiative partagée (RIP), qui a coûté plus de 365 000 d'euros à concevoir ( !), reste une coquille vide. Il y a toujours zéro proposition de loi référendaire déposée, ce qui n'est guère surprenant, puisque tout l'objet du RIP était d'enterrer le risque (menace ultime en démocratie) que le peuple ne soit amené à s'exprimer sur des questions qu'il juge importantes :

On rappellera que le RIP, qui a été imaginé pour éviter un véritable "référendum d'initiative populaire", ne peut être amorcé que si au moins 185 députés et sénateurs déposent une proposition de loi référendaire sur le site internet prévu à cet effet. Lorsqu'un texte est ainsi publié, les personnes inscrites sur les listes électorales ont 9 mois pour venir la signer. S'ils sont au moins 10 % à soutenir la proposition, ce qu'ils doivent faire publiquement en voyant leur nom et leur commune affichée sur le site (peu importe la confidentialité des opinions, c'est juste un droit de l'homme), le Parlement doit alors l'examiner dans les 6 mois qui suivent, c'est-à-dire un an et demi après le dépôt de la demande initiale. Et c'est seulement si le Parlement n'a pas rejeté la proposition ou ne l'a pas examinée que le référendum doit être organisé.

L'Etat avait prévu 1,8 millions d'euros de budget de fonctionnement annuel, pour traiter trois propositions de référendums par an. Nous en sommes à la moitié de l'année, et toujours aucune proposition n'a été déposée. Faisons ici le pari qu'il n'y en aura toujours aucune en fin d'année.

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