Après le Creative Zen V, nous vous proposons le test du dernier né de chez Samsung, le baladeur MP3 Samsung K5. Celui-ci dispose d'une originalité de poids : des haut-parleurs stéréo intégrés et rétractables. Assez pour entrer dans la course en tête ?


Positionnement : Avec des mémoires flash de 1, 2 et 4 Go, le Samsung K5 (de son vrai nom YP-K5) joue dans la même catégorie que les iPod nano et Creative Zen V. Son prix est annoncé à 199 euros pour la version 1 Go, puis respectivement 249 euros et 299 euros. Il est proche de la gamme YP-Z5 du coréen, mais il ajoute une nouveauté et non des moindres puisque c’est une première : les haut-parleurs intégrés.

Caractéristiques techniques : Entièrement noir et rectangulaire avec sa coque en magnésium, le Samsung K5 a un format légèrement plus grand que l’iPod nano et surtout beaucoup plus épais (47,5 X 98 X 18,1 mm). Cette épaisseur surprenante pour un lecteur flash se ressent dans ses 106 grammes et s’explique par le centimètre monopolisé par les haut-parleurs de 2 x 0,7 Watts placés en glissière. Ces derniers lorsqu’ils sont dépliés émettent la musique encodée en MP3 (jusqu’à 320 kbps), WMA (192kbps avec ou sans DRM) ou OGG. Il dispose d’un écran OLED – une première chez Samsung – de 1,71″ (4,3 cm) d’une résolution de 128 x 160. Celui-ci est capable d’afficher des images (JPEG uniquement), mais pas de vidéo. Samsung a clairement choisi l’option minimaliste, en se concentrant sur l’essentiel. On appréciera néanmoins l’ajout d’un tuner FM, qui malheureusement n’est pas compatible RDS, et d’une fonction alarme d’autant plus utile que le Samsung K5 peut faire office de réveil-matin grâce à ses haut-parleurs. Il se connecte en USB 2.0 /MTP avec un câble au format propriétaire.

Accessoires : Contrairement à Creative, Samsung n’est pas très généreux dans la quantité des accessoires. Heureusement, c’est la qualité qui prime. On regrettera l’absence d’étui ainsi que l’absence de chargeur autonome, vendus en option. Le câble USB 2.0 que l’on juge trop court (environ 1 mètre) l’est d’autant plus qu’il ne peut pas être remplacé par un câble standard puisque la connexion est propriétaire du côté du baladeur. Mais les écouteurs fournis font à eux seuls oublier ces défauts. Pour une fois, on ne sera pas obligés de jeter les écouteurs pour les remplacer par une meilleure paire, bien au contraire. Pour notre confort, Samsung a choisi des écouteurs à la croisée entre des intra-auriculaires et des écouteurs conventionnels, avec un embout de caoutchouc qui tient agréablement dans l’oreille. Leur qualité de restitution est très bonne, avec des basses légèrement étouffées dans les notes les plus basses mais des aigus sans commune mesure avec ceux des écouteurs du Zen V de Creative.


Design et prise en main : Avec un clavier tactile noir luminescent, le Samsung K5 ressemble à une petite boîte noire rectangulaire et son format type téléphone mobile permet une prise en main efficace. Une fois dépliés, les haut-parleurs font apparaître une grille en métal inoxydable blanc, dont le reflet nous a semblé assez perturbant (sauf à aimer se regarder dans la glace en manipulant l’appareil), mais qui rompt avec la monotonie de l’ensemble. Tous les affichages ainsi que les boutons sont aux couleurs de Samsung (bleu et blanc), et il est malheureusement impossible de les personnaliser – notez cependant que Samsung annonce la disponibilité d’une version rose. Enfin on remarque rapidement les inévitables traces de doigts sur la surface tactile du baladeur, d’autant que le reste du boîtier en magnésium mat reste au contraire très propre. Mangeurs de chips abstenez-vous, et que les autres prévoient le tissu nettoyant à portée de main.

Le clavier tactile est composé de quatre flèches directionnelles, d’un bouton central pour la mise en pause ou l’entrée dans les menus, d’un bouton de retour en arrière et enfin d’un bouton d’accès aux (rares) menus contextuels. Ils réagissent parfaitement aux pressions même légères mais leur état ne change pas lors de la pression, et aucun indice visuel n’est affiché pour montrer que l’ordre est reçu. Lorsque les haut-parleurs sont sortis, l’affichage et les boutons changent immédiatement de sens pour faire face à l’utilisateur. Bien vu.

Sur les côtés, c’est du classique avec un bouton coulisse sur la façade supérieure pour mettre en marche l’appareil (vers la gauche) ou le verrouiller (vers la droite). A l’opposée se trouve la sortie jack 3.5 et l’entrée de la fiche de connexion USB 2.0. Rien n’est prévu pour glisser une dragonne.

Globalement, la prise en main du Samsung K5 est agréable mais il n’est pas certain que tous les utilisateurs apprécient l’écran tactile. L’absence de réponse visuelle ou sensitive au toucher est d’abord troublante (parfois frustrante lorsque rien ne se passe parce que l’on ne met pas le doigt sur la bonne touche), et ceux qui ont l’habitude de manipuler leur baladeur à l’aveugle dans leur poche ou dans un sac pour éviter de le sortir en pleine rue ou dans le métro auront ici bien du mal à y parvenir. C’est un détail pour beaucoup, mais certains devront y réfléchir avant d’acheter.

Ecran et navigation : Sans surprise grâce à la technologie OLED, l’écran de 4,3 cm de diagonale est de bonne facture avec des angles de vision absolument parfaits. Il ne dégage cependant pas la même chaleur que l’écran du Zen V, par manque évident de contraste. Le visionnage de photos reste clairement un gadget dont l’on ne saisit pas très bien l’intérêt. L’écran s’en sort en revanche mieux en extérieur, même si l’on reste très loin d’une bonne visibilité y compris sous les nuages.

Le choix des tons bleus, noir et blanc pour l’ensemble des affichages est un peu morne et l’on est malheureusement loin du dynamisme de l’affichage du Creative Zen V, qui parvenait à mieux avec un écran plus petit. Samsung arrive tout de même à afficher l’essentiel des informations lors de la lecture d’une chanson, avec affichage du titre, de l’artiste, du nombre de morceaux dans la playlist, du mode de lecture (normal, aléatoire,…), de l’état de la batterie, du temps restant avec également barre de progression, et enfin un témoin d’alarme si une alarme est programmée.

La navigation est très simple, mais parfois frustrante. Ne pas pouvoir appuyer sur la flèche de droite pour activer la lecture d’un titre, par exemple, est contre-intuitif (il faut appuyer sur le bouton du milieu). Dans l’ensemble une impression générale se dégage : Samsung va à l’essentiel et refuse toute fioriture. Le coréen ne s’est pas embarrassé d’options en tout genre comme la recherche d’un titre par mot clé ou la création de playlists à la volée. L’égaliseur graphique n’est présent qu’à travers une sélection de cinq « effets » préprogrammés. Certains verront cela comme des défauts, mais il faut avouer que ces fonctions avancées rejetées par Samsung sont rarement utiles voire déroutantes pour l’utilisateur débutant.

Performance : Samsung annonce une autonomie de 30 heures avec écouteurs et jusqu’à 6 heures en mode haut-parleurs. Côté restitution sonore, le niveau est excellent avec les écouteurs fournis par Samsung. Basses, mediums et aigus se marient parfaitement, avec une légère faiblesse pour les premières mais sans déformation. Même à haut niveau sonore, aucun grésillement ne se fait entendre et il faut pousser le volume au maximum pour percevoir de premières distorsions. La fonction première du Samsung K5 est d’écouter de la musique, et il le fait bien.
En mode haut-parleur, le jugement est évidemment plus sévère mais le couple de HP 0,7 W s’en sort très honorablement avec une restitution équivalente à celle d’un ordinateur portable. Les medium sont sur-représentés et les basses écrasées mais les aigus se distinguent assez bien et surtout ne grésillent pas, même au volume maximum. Un bon point.

Le tuner FM, quant à lui, est nécessairement meilleur en extérieur qu’en intérieur puisque son antenne est interne, mais c’est surtout le RDS qui manque. Notez que le baladeur n’offre pas de fonction d’enregistrement de la bande FM.

Logiciels : Il est assez simple d’évoquer les logiciels fournis avec le Samsung K5 puisqu’il faut en parler au singulier. Samsung Media Studio 5 s’inspire d’iTunes et permet de gérer l’ensemble de sa médiathèque et de la synchroniser avec le baladeur, immédiatement reconnu lorsqu’il est branché. Comme tous les logiciels du même type, celui-ci permet également de graver des chansons sur CD. On regrettera néanmoins qu’aucune fonction ne permette de remplir aléatoirement le baladeur à chaque synchronisation.

Conclusion : Donner un avis ferme sur ce baladeur relève de l’exploit. Nous n’avons pas ce talent. En réalité il est possible de l’adorer ou de le détester, avec chacun ses bonnes raisons. Son principal atout est aussi sa principale faiblesse : sa simplicité. Si pour vous un baladeur sert avant tout à écouter des chansons alors celui-ci offre véritablement un bon rapport qualité prix. Même si Samsung aimerait mettre l’accent sur ses haut-parleurs uniques en leur genre, c’est la qualité des écouteurs standards qui nous a le plus séduits. La fonction haut-parleur s’avère surtout pratique pour remplacer un radio-réveil ou écouter des chansons sans se fermer du monde avec un casque sur les oreilles. Chacun y verra ou non l’utilité. Notre note, très subjective, tient davantage compte de la qualité des fonctions présentes, de l’originalié des haut-parleurs et du matériel fourni que des fonctions et accessoires manquants. Si ces derniers sont importants pour vous, réduisez la note à un 7 voire 6 sur 10.

Note finale : 8/10 (6/10 pour les amateurs de gadgets)

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