D'ici 2018, l'équipementier Hella fournira aux constructeurs automobiles les moyens de détecter en temps réel l'apparition de nouvelles égratignures sur les portières, et de fournir ces informations aux assurances en cas de besoin.

Les assureurs vont adorer l'avenir ultra-connecté. Si l'on parle beaucoup ces derniers temps des primes d'assurance ou autres avantages indirects offerts à ceux qui acceptent d'obéir à des normes comportementales et de se soumettre à un contrôle en temps-réel via leurs montres et autres bracelets, c'est dans le domaine automobile que les "bénéfices" des objets connectés se font d'abord sentir.

On connaissait déjà depuis quelques années les assurances automobiles dites "Pay As You Drive", dont le montant à verser par l'assuré et le bénéfice des remboursements sont conditionnés au contrôle des trajets et des vitesses par des boîtiers GPS connectés. En France, c'est Groupama qui a fait office de pionnier avec Amaguiz, qui impose l'installation d'un petit boîtier de quelques centimètres de large qui "enregistre et transmet automatiquement à amaguiz chaque mois le nombre exact de kilomètres que vous avez parcourus ainsi que vos trajets" — au niveau européen, ces dispositifs devraient être généralisés d'ici 2020 à toutes les voitures de série, officiellement pour permettre à la police de les arrêter à distance.

Mais les données collectées par GPS pourront être croisées avec d'autres informations très utiles aux assureurs. Ainsi l'équipementier Hella travaille au développement d'une portière qui détectera lorsqu'elle subit une déformation. Le procédé, appelé "Système Intelligent de Détection des Dommages", utilise jusqu'à une douzaine de capteurs piézoélectriques installés sur la face intérieure du métal pour détecter les variations de courant électrique dues à une déformation de la tôle. Des algorithmes déterminent alors l'importance et l'endroit de l'égratignure, mais aussi le type d'impact qui a pu provoquer une telle déformation.

Croisées aux données GPS, il ne sera alors plus possible de prétendre qu'un cabossage a été causé par un inconnu sur un parking si les logs montrent qu'un incident a eu lieu exactement au même endroit alors que la voiture circulait en ville à 30km/h. Les informations pourront éventuellement servir à retrouver le coupable s'il a fui sans laisser ses informations d'assurance, mais aussi à détecter plus facilement les fraudeurs qui s'inventent des accidents imaginaires pour justifier la demande de remboursement d'une aile ou d'une peinture neuve.

A terme, c'est aussi le travail des experts automobiles qui pourrait être touché, leur expertise à l'examen post-accident des véhicules (qui n'a rien de systématique pour les petits litiges) trouvant concurrence dans l'IA développée par le constructeur et ses fournisseurs. Selon Autoblog, Hella estime que le système pourra être adopté par les constructeurs à partir de 2018. Des discussions seraient déjà en cours avec certains fabricants comme BMW.

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