Stéphane Richard a manifesté son irritation sur la manière dont la presse traite le dossier Dailymotion, alors que le poids de la plateforme est très limité dans les activités du groupe. Le PDG d'Orange a effectivement des contacts à l'étranger, mais tous ne portent pas sur le site français.

Ce n'est un secret pour personne, Orange est à la recherche d'un partenaire pour Dailymotion. Depuis l'échec des discussions avec Yahoo, causé en particulier par l'interventionnisme de l'ancien ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, dont le style est loin d'avoir fait l'unanimité, l'opérateur multiplie les contacts avec d'autres entreprises et évalue un certain nombre de propositions.

Au cours des derniers mois, plusieurs noms ont circulé : Canal+, TF1, Microsoft, Hutchison Whampoa (un groupe chinois), Softbank (une firme japonaise) ou encore RTL. Jusqu'à présent, aucune piste n'a donné lieu à un projet industriel dans lequel Orange ferait une place à nouveau venu (l'opérateur détient 100 % du capital de Dailymotion), même si certaines hypothèses sont a priori plus crédibles que d'autres.

Cela étant, le PDG supporte mal le suivi au jour le jour de la presse sur le dossier Dailymotion. En marge du Sommet de l’économie, Stéphane Richard a exprimé sa lassitude devant des articles rapportant ses moindres faits et gestes, élaborant des scénarios d'un achat ou d'un partage des responsabilités avec tel ou tel, comme si toutes ses activités chez Orange se résumaient au cas Dailymotion.

"Nous ne cherchons pas à vendre Dailymotion. Nous voulons accélérer les développements par une stratégie d’alliance qui peut être capitalistique, mais pas forcément, et je ne suis pas dans un processus de vente de Dailymotion, je n’ai jamais dit cela", a déclaré le chef d'entreprise, dans des propos rapportés par le quotidien Les Échos, avant de préciser que tout dépendra du projet qui lui sera présenté.

"Si on me dit : est-ce que vous êtes prêt à céder le contrôle, je réponds  : je n’en sais rien ! […] Je ne cherche pas à vendre coûte que coûte Dailymotion, c’est tout . Nous sommes un actionnaire qui peut apporter une forme de stabilité des financements à Dailymotion. En même temps, on est un opérateur, donc on n’est pas le partenaire qui peut remplir toutes les cases de ce qu’il faudrait pour Dailymotion".

Quel que soit le scénario qui aura lieu, l'enjeu pour Dailymotion est de trouver sa place face à un YouTube omniprésent. Orange craint en effet la marginalisation de la plateforme française face à sa rivale américaine, qui bénéficie du soutien de Google. D'où les efforts d'Orange de chercher un allié à l'étranger, parce que la compétition se joue au niveau mondial.

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