Twitter déploie à partir d'aujourd'hui une nouvelle méthode de signalement des messages abusifs sur le réseau social. Celle-ci n'impose de remplir et signer un formulaire détaillé, ce qui permettra de réagir plus rapidement, mais elle fait aussi courir le risque d'une multiplication des demandes de censure... abusives.

Twitter a annoncé aujourd'hui le déploiement progressif d'une interface simplifiée pour signaler les tweets dits "abusifs", derrière lesquels se cachent quatre catégories de contenus : usurpation d'identité, publication d'informations privées, harcèlement, et automutilation ou suicide (sic) :

Actuellement, les utilisateurs qui signalent ces messages à Twitter doivent remplir un formulaire relativement long, qui peut décourager les internautes. Celui-ci exige notamment une "description complémentaire du problème", et demande à celui qui signale un message ou un compte de livrer quelques informations sur lui, comme son nom ou son adresse e-mail. Le signalement doit ensuite être virtuellement "signé" en saisissant son nom complet, ce qui donne un aspect solennel au signalement, qui peut là encore décourager les réactions épidermiques.

Toutes ces lourdeurs, qui sont aussi des protections pour éviter les suspensions trop expéditives de comptes, disparaissent dans la nouvelle interface présentée mercredi par Twitter, qui laisse place à l'efficacité avant tout. Mais en simplifiant énormément sa procédure d'alerte, Twitter prend le risque de voir le nombre de demandes guidées par l'émotion se multiplier, et d'être noyé sous des vérifications impossibles à faire.

Dans ses règles qui étaient rappelées sur l'actuel formulaire mais qui ne sont plus affichées avec le nouveau procédé, le réseau social prévient que "Twitter fournit une plateforme de communication internationale englobant une grande variété d'utilisateurs ayant des idées, des opinions et des perspectives différentes" et que "conformément à notre politique, nous n'intervenons pas sur les contenus ni dans les conflits entre utilisateurs".

"Les utilisateurs sont autorisés à publier des contenus, y compris potentiellement provocateurs, s'ils ne constituent pas une violation du Règlement de Twitter et des Conditions d'utilisation. Twitter ne vérifie pas les contenus et ne supprime pas les contenus potentiellement choquants, sauf si ceux-ci constituent une violation du Règlement de Twitter et des Conditions d'utilisation", rappelle-t-il.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés