Disney a obtenu vendredi dernier un brevet sur une méthode de filtrage des moteurs de recherche, destinée à écarter les sites pirates ou autres sites qu'il trouve peu recommandables, au profit des sites officiels "authentiques".

Disney envisage-t-il de créer un concurrent "sécurisé" à Google ? Le créateur de la souris Mickey a obtenu la semaine dernière un brevet sur une méthode de filtrage des résultats des moteurs de recherche, qui explique comment les résultats peuvent être triés pour écarter les sites qui ne seraient pas recommandables aux yeux de l'industriel, et mettre en valeur les sites les plus propres sur eux.

"Mesurer simplement le nombre de fois qu'une page web est visitée ou utiliser un index de popularité peut ne pas refléter l'utilité d'une page web pour l'utilisateur qui effectue une recherche", explique Disney dans le descriptif de son brevet. Le producteur de films et de contenus télévisés pour enfants assure que les utilisateurs tombent contre leur gré sur des sites de piratage et autres activités illicites que la morale et la loi réprouvent, et qu'il faut donc trouver un moyen de les aider à ne plus les trouver. L'objectif affiché est également d'aider les annonceurs à ne pas publier leurs annonces sur des sites avec lesquels ils ne souhaitent pas associer leur image.

"Une page manipulée pour pour (proposer) des ventes non autorisées de drogues, de films, etc., peut obtenir un haut classement de popularité, mais ce que l'utilisateur veut voir c'est une page plus authentique", assure ainsi le studio. Il propose donc de mettre en oeuvre une base de données des sites classés selon un "indice d'authenticité", qui serait calculé selon une méthode décrite de façon floue par Disney.

Une IA pour déterminer les sites fréquentables

Selon ses explications, il pourrait s'agir d'éléments objectifs, tels que l'association d'une marque commerciale au propriétaire déclaré d'un site web, qui serait alors favorisé dans les résultats liés à cette marque. Concrètement, la marque "Mickey" serait attachée à Disney.com, et donc une recherche de "Mickey" conduirait en priorité vers Disney.com. D'autres méthodes incluent la participation des internautes eux-mêmes, comme avec WOT.

Mais la firme envisage aussi des méthodes plus ambitieuses, telles qu'un "réseau neuronal", qui tirerait partie de l'informatique synaptique et de l'intelligence artificielle pour apprendre automatiquement à discerner les sites officiels des sites illégaux ou immoraux. "En suivant un entrainement, un réseau neuronal pourrait être utilisé pour assigner automatiquement un poids d'authenticité aux éléments web".

Le brevet a été accordé le vendredi 28 octobre 2014 à Disney, mais la firme l'avait déposé aux Etats-Unis dès le 9 septembre 2010. A l'époque, Google n'avait pas encore véritablement commencé sa chasse aux sites pirates, à qui il a désormais déclaré une guerre sans merci aux effets dévastateurs pour les sites en cause. Néanmoins, Google épargne son YouTube pourtant loin d'être irréprochable, ce qui n'est peut-être pas au goût de Disney.

La firme pourrait être tentée de lancer son propre moteur de recherche, spécifiquement destiné aux enfants ou aux parents qui veulent accéder à un web "sécurisé".

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