Une deuxième source du renseignement américain, qui continuait à envoyer des documents aux journalistes après le départ d'Edward Snowden, a été identifiée par le FBI, et fait l'objet de poursuites.

La police fédérale américaine était sur ses traces depuis le mois d'août dernier, lorsque le gouvernement a compris qu'une autre source toujours en activité avait pris le relais d'Edward Snowden pour livrer des informations aux journalistes sur les programmes de surveillance massive des Etats-Unis. A travers son documentaire Citizenfour sur Edward Snowden, la journaliste Laura Poitras avait confirmé l'existence d'une autre source, qui a choisi de rester aux Etats-Unis à ses risques et périls.

Or selon Yahoo News, la deuxième source a bien été identifiée ces derniers jours par le FBI. Les services fédéraux auraient effectué une perquisition au domicile du suspect, et le bureau du procureur de Virginie du Nord aurait ouvert une enquête pénale pour aboutir à une condamnation.

La source, qui travaillerait pour un sous-traitant, serait celle qui a révélé à The Intercept que 680 000 personnes figuraient sur une liste des "terroristes connus ou suspectés" qui font l'objet d'une surveillance étroite, et que 280 000 d'entre eux n'avaient pourtant aucune affiliation connue avec un groupe terroriste.

Le document confidentiel publié par le site livrait des informations qui étaient datées jusqu'en août 2013. Or Edward Snowden avait déjà quitté les Etats-Unis à cette période, et n'avait donc plus accès aux documents de la NSA ou de ses partenaires privés. Il y avait donc nécessairement au moins une seconde source pour continuer à informer les journalistes.

La question du procès de trop

Il n'est pas exclu que d'autres sources existent encore, puisque d'autres informations comme le code source de XKeyScore (le logiciel utilisé par la NSA pour tracer un internaute) qui a en partie fuité n'était a priori pas détenu par l'ancien agent américain.

Selon Yahoo News, l'administration américaine s'interroge sur le sort à donner à cette nouvelle affaire. D'un côté les Etats-Unis n'auraient pas envie de donner une nouvelle tribune à un lanceur d'alerte, et de le poursuivre pénalement au risque de fragiliser l'image démocratique du pays, et de se mettre à dos des journalistes de plus en plus sensibilisés à la surveillance. De l'autre, ils ne peuvent pas ne pas engager des poursuites, même si les révélations sont moins sensibles que celles faites par Edward Snowden.

Depuis 2010, sept personnes ont été poursuivies aux Etats-Unis pour avoir diffusé des informations confidentielles de l'Etat, ce qui représente une explosion du nombre de cas ces dernières décennies. Les deux cas les plus célèbres sont ceux de Bradley Manning (ou Chelsea Manning), arrêté en juin 2010 pour avoir fourni à Wikileaks les câbles diplomatiques et d'autres documents militaires, et Edward Snowden.

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