Alors que tout le monde parle du combat à mort livré entre les formats asiatiques Blu-Ray et HD DVD, Presence-PC nous rappelle qu'il existe un troisième format en concurrence : le HD VMD. Malgré ses avantages, le disque n'a aucune chance de s'imposer. La loi d'Hollywood l'en empêchera.

Nos confrères de Presence-PC proposent un dossier introductif sur le format HD VMD (High Definition Versatile Multilayer Disc). Si vous n’en avez jamais entendu parler, c’est normal. Coincé derrière les HD DVD et Blu-Ray, le format haute-définition – conçu par MultiDisc à Londres et TriGm en Belgique, puis racheté par New Medium Enterprises (NME) en 2004, n’a pas réussi à se faire une place médiatique. Ses qualités sont pourtant nombreuses, à commencer par son prix.

Le format haute-définition utilise encore le rayon rouge des CD et DVD et non pas un rayon bleu comme pour les Blu-Ray et HD DVD. Le HD VMD coûte ainsi beaucoup moins cher à produire puisque les usines ne nécessitent pas d’investissement massif, et les platines sont très accessibles pour les consommateurs (de l’ordre de 150 euros seulement). Plutôt que d’essayer de réduire la taille de gravure et du laser pour augmenter le volume de données pas couches, les ingénieurs ont travaillé sur l’augmentation du nombre de couches par support. En théorie, ils peuvent déjà monter à huit couches par HD VMD (voire plus à l’avenir), et des supports à quatre couches sont déjà produits. La capacité de chaque couche variant entre 4.7 Go et 6 Go, le format pourrait contenir entre 38 et 48 Go de données sur un disque d’une taille classique de 12 cm.

Mais malgré des qualités techniques et économiques évidentes, le HD VMD ne parviendra probablement jamais à se faire une place sur le marché de la vidéo haute-définition. Non seulement NME n’a pas la force marketing de Sony (Blu-Ray) ou de Toshiba (HD DVD) auprès des revendeurs et du public, mais surtout il n’a pas le soutien des studios d’Hollywood sans qui les formats vidéo sont destinés à rester dans les entrepôts.

Seuls quelques indépendants principalement européens semblent avoir donné leur accord pour vendre des films en HD VMD. Les grands studios (Warner, Disney, Paramount, Fox, etc.) misent sur les deux formats asiatiques, qui leur vendent des garanties en matière de protection des droits. Les HD DVD et Blu-Ray intègrent une nouvelle génération de DRM, l’AACS, supposée inviolable. New Medium Enterprises reste discret sur les capacités de protection des contenus du HD VMD, mais la lecture du livre blanc nous apprend que l’AACS est absent. NME a bien intégré des technologies propriétaires, performantes sur le papier, mais Hollywood ne voudra certainement pas dépenser du temps et de l’argent à faire expertiser ces technologies pour les valider.

Et sans validation des DRM, pas de films. Sans film, pas de vente.

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