Depuis deux semaines, le réseau Tor connaît une explosion inédite de son trafic. Prise de conscience soudaine accompagnant scandale de la surveillance des communications électroniques après les révélations d'Edward Snowden sur le programme PRISM ? Pas sûr.

La courbe est spectaculaire. Alors que le trafic du réseau d'anonymisation Tor était stable depuis un an, avec en permanence entre 400 000 et 600 000 utilisateurs connectés à travers le monde, le nombre d'internautes masquant leur activité en ligne a explosé depuis le début du mois d'août. Ce sont désormais plus de 1,2 million d'internautes qui sont connectés à Tor, et le chiffre n'en finit plus d'augmenter.

Curieusement, alors que la révélation de l'existence du programme PRISM date du début du mois de juin, et que les articles de presse montrant l'étendue de la surveillance des communications ont été publiés chaque semaine depuis, c'est seulement à la mi-août que le trafic de Tor s'est envolé. D'un seul coup. Très fort.

Il n'y a pour l'instant aucune explication claire sur les raisons d'un tel doublement du nombre des utilisateurs. S'il s'est fait au moment où Lavabit et Silent Circle décidaient de fermer leurs services de messagerie sécurisés, la coïncidence paraît toutefois difficilement expliquer une augmentation aussi soudaine, et généralisée. 

En France aussi, l'utilisation de Tor a connu la même courbe, avec désormais plus de 80 000 internautes connectés au réseau contre environ 35 000 auparavant. 

L'explication d'une telle envolée est probablement à chercher ailleurs que dans une prise de conscience aussi massive que spontanée. Soit que le mode de calcul du nombre des internautes connectés a changé, ce qui a été écarté par l'un des responsables du projet Tor. Soit que le réseau est d'une façon ou d'une autre victime d'une attaque massive.

Il faut d'ailleurs noter que si le nombre d'utilisateurs de Tor a explosé, les performances du réseau n'ont que très légèrement augmenté. Or s'agissant d'un réseau P2P sur lequel chacun met à disposition ses ressources (bande passante, stockage…), les performances auraient dû augmenter proportionnellement au nombre d'utilisateurs. Signe qu'il pourrait ne pas s'agir de vrais utilisateurs, mais simplement d'ordinateurs connectés au réseau.

Reste à comprendre pourquoi.

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