10 secondes de travail. Déjà près de 30 ans de droits d'auteur réclamés. Et jusqu'à 70 ans après sa mort. Le photographe Gaston Bergeret avait lui-même reconnu, en 2011, que la photographie de Coluche utilisée pour les Restos du Coeur, et pour laquelle il exige aujourd'hui des droits, a été "le portrait le plus rapide" qu'il ait jamais réalisé.

Mise à jour : lire aussi les explications de Gaston Bergeret, et notre analyse.

Mardi, Numerama révélait que le photographe Gaston Bergeret a porté plainte contre les Restos du Coeur, près de 30 ans après avoir autorisé verbalement Coluche à utiliser sa photographie comme support de communication pour l'association. Le photographe estime qu'il n'y a pas de contrat de cession, et demande que les Restos cessent toute exploitation du cliché, y compris son affichage dans les lieux d'accueil des bénéficiaires de l'association. Il demande en outre que des droits lui sont versés en dédommagement pour les quelques 27 années d'exploitation passée.

Ce faisant, Gaston Bergeret rompt l'engagement moral qu'il aurait conclu avec Coluche, lequel a eu le tort de faire confiance à la générosité du photographe. 

Cette générosité paraît d'autant plus naturelle qu'elle ne coûtait rien. Dans le cadre d'un reportage réalisé en 2011, que nous a signalé La Parisienne Libérée, Gaston Bergeret présentait différentes photographies prises lors de sa carrière. "Celle de Coluche, c'est 10 secondes", racontait-il. "Le temps qu'on se croise, que je lui demande les faveurs d'un portrait, et bien ça a mis dix secondes".

"Je crois que c'est le portrait le plus rapide que j'ai fait de toute mon existence", ajoutait-il, avant de hausser les épaules, dans ce ce que l'on comprend aujourd'hui être de l'énervement et non une fierté. "C'est celui que l'on voit chaque année, qui dure… qui réapparaît comme un bon petit diable à chaque hiver".

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