La Commission Européenne a livré les premiers résultats de son étude de terrain, sur la réalité des débits des abonnements à Internet en Europe. Elle montre que la France est le pays d'Europe où la promesse est la moins respectée, mais avec un débit qui reste très légèrement supérieur à la moyenne européenne.

Les fournisseurs d'accès à internet français, qui se targuent souvent d'être les moins chers ou parmi les moins chers d'Europe, sont aussi ceux qui délivrent le service le plus éloigné de ce qu'ils annoncent aux consommateurs dans leurs publicités. C'est l'une des conclusions de la première phase de tests réalisée pour la Commission Européenne par SamKnows, qui utilise en grande partie l'infrastructure du Measurement Lab (M-Lab), lequel avait montré récemment des mesures de qualité catastrophiques pour Free.

Sur les 30 pays européens étudiés à partir de boîtiers de mesure (des Whitebox) installés partout en Europe chez des abonnés lambda, la France est celui dont la vitesse de téléchargement mesurée aux heures de pointe (entre 19h et 23h) est proportionnellement la moins rapide par rapport au débit annoncé dans les publicités des FAI. Alors qu'en moyenne, la vitesse réelle en Europe pour les technologies xDSL est de 60,3 % de la vitesse annoncée, en France elle est seulement de 40,4 % ; très loin des 94,8 % de la Croatie ou  les 75,1 % de l'Allemagne.

Cependant, cela ne veut pas dire que les FAI fournissent un Internet moins rapide qu'ailleurs en ADSL. Il s'agit uniquement de l'effet de leur stratégie marketing, où tous les clients achètent le même abonnement à Internet, au même prix, quelle que soit la vitesse réelle que permet leur paire de cuivre. En valeur absolue de débit descendant (download), l'ADSL français délivre 7,13 Mbps en moyenne aux heures de pointe, ce qui est très légèrement supérieur à la moyenne européenne.

Le meilleur élève est la République Tchèque, avec 11,35 Mbps en moyenne, devant la Finlande (10,73 Mbps). Le moins bon élève européen est la Slovaquie, avec seulement 2,99 Mbps.

En upload, les vitesses annoncées sont beaucoup plus conformes aux vitesses réelles. La moyenne européenne est de 84,6 %, avec un débit montant de 0,71 Mbps. Les FAI français délivrent 0,77 Mbps en upload, ce qui correspond à 87 % de ce qu'ils annoncent.

Les chiffres concernant le câble et la fibre optique n'ont pas été annoncés pour la France, faute d'un nombre suffisant de testeurs. 382 internautes français ont en effet participé à l'étude réalisée par SamKnows, dont 334 en xDSL, et seulement 26 en câble et 22 en FTTx. La Commission Européenne encourage ceux qui le souhaitent à demander un boîtier de test, à brancher sur le routeur.

En terme de qualité, l'accès français est perfectible, avec un temps de latence en xDSL supérieur à la moyenne européenne, de près de 46ms contre 41ms en moyenne. Une lenteur de réaction que l'on retrouve également avec la durée des résolutions DNS, la France ayant la troisième la plus lente d'Europe en xDSL. De même, le temps moyen de chargement des pages web aux heures de pointe est l'une des plus élevée d'Europe, avec 1,95 seconde contre 1,69 seconde en moyenne européenne.

En revanche, seuls 0,5 % des paquets sont perdus, ce qui est inférieur à la moyenne européenne (en Italie, plus de 1,75 % des paquets sont perdus !).

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